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Verlaine par C. TRENET
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plan détaillé du site

page 1

Le contexte du tournant de la guerre en Europe:
préparation du débarquement en Normandie

Page 2 actuelle

 Suite de la 1ière Page
Témoignage
 le contexte de "Kanalkueste"
et de "Fortitude"

Page3

Epilogue: une enfance piétinée
sous la surveillance de la police
suivie d'une tentative d'internement psychiatrique arbitraire.

Page4

Epilogue:
un crime de lèse-majesté suivi de deux tentatives d'assassinat.

Page5

Epilogue: les tribulations d'une victime d'un empoisonnement au mercure

Page6

Collaboration et Répression
contre la Résistance et les maquis dans
les départements métropolitains jusqu'à leur Libération.


Le "tube" préféré que les Français écoutaient à cette époque, c'était "Verlaine" mis en musique et chanté par Charles Trenet que les censeurs allemands de l'Hôtel Majestic avaient laissé passer et qu’ils auraient pu censurer dès le mois d’août 1941.

En réalité, cette chanson avait été composée dès 1940. Le poète, parfois taxé de tendance «collaborationniste», avait eu une de ces visions prémonitoires au point que «les sanglots longs des violons de l’automne» vont servir de nom de code pour déclencher les opérations de soutien des résistants de la zone Nord afin d’entraver l’accès des renforts allemands de la XVème Armée à la Normandie.

Si vous l'écoutez en cliquant sur la flèche de lecture de la mini console en tête de la page, vous comprendrez combien les vers de la "chanson d'automne" de Verlaine allaient droit au cœur des résistants et des maquisards. Prémonition? Le "vent mauvais qui m'emporte" du poème de Verlaine devient un clin d'œil du "Fou chantant" à la Radio de Londres: Le 12 août 1941, Pétain avait prononcé un long discours radiodiffusé évoquant "le malaise des Français" à "cause des temps difficiles" et avoué qu'il entendait "se lever depuis quelques semaines le vent mauvais" en visant notamment la radio de Londres.

Il n'en fallait pas plus pour transformer cette chanson en un symbole de ralliement des maquisards et des résistants opposés à toute collaboration et décidés au péril de leur vie à "bouter" avec les alliés les Allemands hors de France. Plus de 29.000 Français déclarés par l'Armée allemande à l'Etat vichyssois seront fusillés pour avoir fait le choix de la liberté et, probablement cinq fois plus, seront déportés, notamment les mineurs grévistes du Nord et du Pas de Calais, dont bien peu reviendront des camps de concentration (indépendamment et en plus des victimes de la shoah)(voir page suivante).

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On 2 april, 1944: a child puts ABWEHR in failure!     

Suite de la page 1

L'opération "Jéricho" ou "Renovate" proprement dite

Pour en revenir à l'opération Jéricho proprement dite, c'est le premier lundi du mois de janvier 1944 (il y avait encore des aiguilles du sapin de Noël sur le vieux tapis usé de la salle à manger), que ce bombardement a été proposé au MI6 par Dominique Ponchardier (via Elizabeth S...) à l'issue d'une réunion qui s'est tenue au 105, chaussée Saint-Pierre à AMIENS. D. Ponchardier avait quelque raison de se préoccuper de la prison d'Amiens: onze membres du réseau Nord des Sosies (région de Mers-les-Bains) y compris l'Enseigne de vaisseau Le SEC qui les commandait, avaient été emprisonnés à la prison d'Amiens et fusillés dans les fossés de la citadelle au mois de décembre 1943. Et l'un des adjoints de Le Sec, Jean Beaurin, responsable de plusieurs déraillements mortels de trains transportant des SS notamment à Miraumont (sur la ligne Paris-Lille) et à Frireulles (près d'Abbeville sur la ligne Le Tréport-Abbeville) y était emprisonné et devait être passé par les armes le 20 février 1944.

A la fin de cette réunion du 3 janvier 1944, M. Maurice FECAN, qui assurait également la liaison entre le réseau des cheminots de Longueaux et Amiens et Elizabeth S., a remis à Dominique Ponchardier les plans de la prison d'AMIENS qu'il avait retrouvés dans les archives de la Mairie d'AMIENS. (Avant 1940, la construction des prisons départementales était en effet ordonnancée par les chefs lieux de département). Et j’ai pu vérifier, au mois de janvier 1952, auprès du conservateur des archives de la municipalité d’Amiens, que c’était bien Maurice FECAN qui, au nom de la Résistance, avait fait main basse sur la totalité des plans de cette prison.

Il y avait un témoin muet, auquel D. Ponchardier avait remis une petite maquette de forteresse américaine, sous la table, sur laquelle les plans de la prison d'AMIENS avaient été étalés: l'auteur de ce témoignage. Pour sa part, Elizabeth S..., qui allait représenter le MI 6 dans la région Nord-Picardie après la réorganisation des réseaux anglais, avait reçu de Dominique PONCHARDIER un nouveau poste radio miniaturisé et peu gourmand en électricité, sans nul doute un de ceux à base de circuits imprimés (une arme secrète toute nouvelle), que les services du MI6 avaient commencé à distribuer à partir du mois de janvier 1944 en priorité à leurs agents les plus exposés et notamment aux réseaux en cours de reconstitution de l'Organisation MARCO POLO, devenue l'Organisation PROMONTOIRE, après l'arrestation de l'essentiel de la Centrale de LYON.

Les services de renseignements allemands avaient quelques soucis à se faire malgré les succès accumulés depuis 1942 et jusqu'au début de 1944, à un moment où les sites de lancement de V1 étaient bombardés systématiquement. A tel point que le colonel Watchel (dirigeant du régiment FLAK 155 W) avait noté dans son journal à la date du 7 janvier 1944, c'est à dire après la destruction le 25 décembre 1943, des sites de lancement de Bois Carré et des Loges mais avant celle du centre de formation à la mise en ouvre des V1 dans la Somme, installé près du château de RIBEAUCOURT, près d'Abbeville):
" Si les bombardements alliés continuent pendant quinze jours au même rythme, il sera impossible d'utiliser opérationnellement l'ensemble des plates-formes de lancement tel que cet ensemble était prévu initialement."La concrétisation du bombardement de la prison d'Amiens est donc intervenue à un moment où les services de renseignement allemands affrontaient une crise profonde qu'Hitler avait une certaine propension à dénouer en expédiant les officiers qu'il jugeait responsables de ses échecs sur le front russe. Cette opération, fort complexe, puisque les britanniques ont imaginé et construit en un temps record des bombes qu'ils devaient larguer sur les murs d'enceinte particulièrement épais de la prison pour les traverser avant d'éventrer ceux de l'aile de la prison elle-même occupée par les résistants capturés et en particulier le quartier des interrogatoires des agents nazis, a ouvert un doute dans l'esprit des chefs militaires allemands entourant Hitler, dans celui de Rommel. Des pressions ont donc finalement été exercées sur le colonel Oscar Reile, grand admirateur de l'Amiral CANARIS, pour capturer les poste radio d'Amiens et son manipulateur.

La prison d'Amiens
après son bombardement
en 1944
L'Amiral W. CANARIS,
Chef de l'Abwehr

compromis quelques mois
plus tard et exécuté suite
à l'attentat du 20 juillet 44
Contre A. Hiltler
A la suite de la dissolution de l'Abwehr par le décret d'Adolf Hitler du 14 février 1944, qui a ordonné le rattachement des services de l'Abwehr au RSHA dirigé par
Himmler, CANARIS a très vite démissionné de son poste de chef de l'Abwehr tout en persistant à soutenir le Maréchal Rommel dans sa tentative infructueuse de prendre le contrôle de toutes les armées de réserve inactives (donc de la quinzième Armée allemande chargée de défendre notamment, outre le littoral belge jusqu'aux confins des Pays-Bas, les départements de la Seine-Maritime et de l'Eure, la Somme, le Pas-de-Calais, le Nord et l'Aisne et donc de la 2ème division blindée de la Wehrmacht)) en cas de débarquement allié en Normandie(*).

Quant au service de l'Abwehr, hélas très efficace, de détection radio-goniométrique des émetteurs radio dirigé par le Capitaine Frey, seul officier dirigeant ce service et grand spécialiste du "funkspiel", il a été immédiatement incorporé dans les armées allemandes sous la forme d'unités spéciales de reconnaissance uniquement reconnaissables par l'ancien sigle de l'Abwehr discrètement peint en jaune sur les véhicules utilisés et encadrés par des soldats d'élite (les Brandebourgeois avant qu'ils ne passent sous le contrôle de Skorzeny). Quand ils escomptaient se saisir d'un transmetteur radio, le service de détection radio de l'Abwehr utilisait des engins de transport blindés semi chenillés équipés d'une station radio prête à émettre sur les bandes de fréquence de l'ennemi (en général trois bandes de fréquences présélectionnées) en forçant l'émetteur à terminer son émission sous leur contrôle.

Mais, dès lors qu'ils ignoraient que les membres des réseaux anglais et notamment les manipulateurs radios qu'ils recherchaient étaient concentrés dans l'aile civile de la prison qui était intacte après le bombardement, l'opération JERICHO (à l'origine opération "Renovate"), pouvait être rationnellement interprétée comme un geste désespéré des Alliés pour sauver les plans de débarquement dans le Pas-de-Calais. Il est intervenu à une époque où les services secrets alliés avaient subi quelques sérieux revers et en particulier, l'arrestation des membres de la Centrale lyonnaise du Réseau MARCO POLO à la fin de l'année 1943 (à l'exception d'Octave ou René Pellet, chef de MARCO POLO en mission en Angleterre au moment de la neutralisation de cette Centrale), celle, le 4 février 1944, de Michel Hollard, le chef du réseau Agir.

Un peu plus tard au tout début d'avril 1944, c’est le lieutenant de vaisseau Rivière, employé par le service hydrographique de la Marine, qui avait transmis aux Alliés les cartes hydrographiques des plages du débarquement avec toutes les données indispensables qui sera arrêté, sur dénonciation par la police française et remis à la Gestapo. Détenu à la prison de Rouen, il sera libéré à la suite d'un sévère bombardement de la prison... et de la destruction de son dossier dans la succursale de la police SS en plein centre du vieux Rouen.

Pendant plusieurs mois, il ne restera plus aux alliés pour les renseigner sur les armes V et notamment les V1 et sur les mouvements de la 15 ème Armée, outre le poste de radio d'Elizabeth S... (qui transmettra notamment les renseignements émanant de divers réseaux de résistance autour d'Amiens et du réseau Zéro France ZW) que le réseau des sosies, les ex-réseaux de MARCO POLO reconditionnés en réseau PROMONTOIRE, les réseaux du SOE France dépendant de Rémy et l’impressionnant réseau polonais «Monica» avec des ramifications s'étendant depuis la Belgique jusqu'à la Pologne, rassemblant plus de 5.000 membres dans les seuls départements de la Somme, du Pas-de-Calais de l'Aisne et du Nord. C'est l'organisation "Monica" qui livrera aux Anglais, dans la nuit du 25 au 26 juillet 1944 sur un terrain d'aviation polonais, un V1 égaré et récupéré en parfait état de marche qui sera enlevé par un Dakota de la RAF... On le constate, l'opération Jericho est intervenue donc à un moment sensible où les services de renseignement alliés avaient un urgent besoin de transmetteurs radios aguerris pour rendre plausible un débarquement dans le Pas-de-Calais. Dès le débarquement en Normandie, Eisenhower se préoccupera d'envoyer à partir de la Somme (et dès le 28 juin 1944) des agents polonais (plus d'une centaine de ces précurseurs des commandos delta forces) parlant parfaitement le Français et l'Allemand et spécialement entraïnés. Une opération dont il ne dira mot en particulier dans son livre "Crusade in Europe" et qui a transformé l’avancée en France du 21 ème Groupe d’Armées de Montgomery en une simple promenade militaire seulement freinée... par le manque de carburant...

La guerre du renseignement en Picardie

Il existe plusieurs versions du Tiger Panzer, que les américains se sont efforcés de capturer intactes pour en étudier les caractéristiques et l'armement.
Ci-dessus, c'est un K(önig)-Tiger lourd qui a été capturé par l'infanterie US. Un grand nombre des chars nouveaux du type Panzer 5 (chars Panthers) plus mobiles, plus rapides et utilisés en Normandie étaient baptisés de "Guêpes" par les allemands
Mais pourquoi cette Guerre du renseignement? L'ouverture d'un nouveau front réclamé par Staline pour soulager le front EST aurait des conséquences lourdes pour l'Allemagne, qui va perdre la maîtrise de l'Air au printemps 1944, était bombardée sans relâche, et ne pouvait se venger qu'en expédiant aveuglément des avions robots V1 sur la région londonienne notamment depuis la région littorale d'Abbeville à Calais quelques jours après le débarquement en Normandie.

C'est dans ce contexte, et afin d'éviter le bombardement par les V1 des sites où se préparaient les concentrations militaires indispensables pour un débarquement massif en Normandie que les alliés sous l'impulsion de Churchil et de la London controlling section (L.C.S.) ont inventé l'opération FORTITUDE SOUTH créant de toute pièce une concentration de troupes en carton pâte dans les campagnes du KENT environnant DOUVRES..., un moment sous le commandement du bouillant général PATTON, ce qui a eu pour effet d'immobiliser dans le Pas de Calais la redoutée quinzième Armée allemande.

Pour crédibiliser cette opération, il fallait montrer aux Allemands des activités de renseignements et de résistance centrées sur la zone NORD c'est à dire au Nord de la Somme et sur Abbeville. Or, le MI 6 ne contrôlait plus qu'un seul moyen de communications dans le Nord, celui d'AMIENS, dont la manipulatrice, Elysabeth S..., ex-infirmière de l'Armée anglaise parlant parfaitement le Français, résidait ...au 105, chaussée Saint-Pierre, dans la maison du Dr Robert FECAN. Or, le MI 6 avait besoin de tous ses transmetteurs radios à rééquiper pour mener à bien les opérations CROSBOW et OVERLORD-DIVER.

Qui connaissait le classement double cross
du Dr R. FECAN au niveau du MI6
et de l’OSS? Et savait qu’il avait été classé
«secret défense» en 1945?

Beaucoup plus de personnes qu’on ne le croit connaissait ce secret. Outre Elizabeth, son officier traitant britannique, le Commissaire principal de police Chobières, pilier régional du MI5 après la Guerre et dirigeant du réseau ALIBI , son père, son frère et son épouse, qui lui avait sauvé la vie, beaucoup de monde, y compris ses héritiers ou familiers, tel Emile BARDON un personnage trouble qui avait pris la main sur les clés des coffres-forts du Dr FECAN et se prétendait seul détenteur des secrets de la famille FECAN, excepté devant moi!), qui ont ouvert ses coffres-forts avant même avant même la déclaration de sa mort. Auxquels s’ajoutent Dominique PONCHARDIER et le député maire d’Abbeville, ainsi que son avocat Savreux et Maître GARET qui, dès 1945, a fait annuler par le Conseil d’Etat sa condamnation à mort par le Comité de Libération d’Amiens. Max Lejeune qui, en tant que secrétaire d’Etat chargé de la Guerre en Indochine, utilisera volontiers le Dr R. FECAN pour faire doter le corps expéditionnaire en Indochine d’armes lourdes américaines et d’avions North American T6 (conservés en cocon) sur les îlots du Pacifique en préparation des assauts contre le Japon)(*). Les T6, armés à Toulouse, seront également utilisés en Algérie. Cette utilisation correspond plutôt à une promotion du Dr R. FECAN en «triple cross» manipulé par le commissaire Chobières, expert en la matière pour le compte du MI5.

En 2004, il m’est apparu que le classement « double cross » n’avait plus le même sens pour le MI6 que pour l’OSS. Pour le MI6, il s’agissait initialement de coordonner le plan de bombardement élaboré par l’Air Marshall Leigh-Mallory, qui, proposait de confier à L’EAEF la destruction des moyens de transports ferrés dans un rayon de 200 kilomètres d’une ligne Cherbourg-Caen. Ce plan ne garantissant pas l’isolement de la zone du débarquement des renforts de la XVème Armée allemande, le poste radio et le 105 chaussée Saint-Pierre à Amiens, devait également se voir confier le rôle de relais avec l’Etat-Major allié dans la conduite de l’opération MONIKA, confiée au réseau polonais Monica (C’est de cela que Pierre BEREGOVOY avait connaissance lors de mes premiers contacts avec lui à propos duquel il m’avait interrogé et auquel je me suis gardé de répondre).

Il s’agissait alors de faire mener par le réseau polonais épaulé par des volontaires parachutistes polonais largués à l’aube du jour du débarquement sur le nord de la France, une véritable guerre de diversion en sabotant à outrance les communications ferrées et routières (ponts, tunnels, etc) de façon à empêcher pendant plusieurs semaines la XVème armée allemande d’expédier des renforts sur le front normand. Telle était la mission confiée au major Chalkley qui aurait du conduire cette mission le 6 juin 1944, s’il n’avait pas été capturé et interné en Espagne le 2 avril 1944. J’ai eu oralement cette confirmation avec l’un des derniers dirigeants de MONIKA.

Après la prise de contrôle par Eisenhower de l’aviation de bombardement, il avait été défini 35 objectifs essentiels dont MONICA s’était vue confier la destruction. Les réseaux MONICA et Zéro France connaissaient donc l’existence du Dr R. FECAN. Ainsi que la mienne…

Pour Eisenhower et Allen Dulles, ce dernier à l’origine du plan de bombardement Railways et dirigeant de la CIA après l’élection d’Eisenhower à la Maison blanche, le poste d’Elizabeth était avant tout destiné à servir de relais avec le seul réseau de la SNCF (sous l’indicatif ZERO France-ZW) afin d’évaluer les destructions du réseau ferré français et les moyens de réparation à la disposition de l’armée allemande. L’observation aérienne ne pouvait en effet évaluer de façon précise ces moyens.
Pour Eisenhower et Allen Dulles, ce dernier à l’origine du plan de bombardement Railways et dirigeant organisateur de la CIA après l’élection d’Eisenhower à la Maison blanche, le poste d’Elizabeth était avant tout destiné à servir de relais avec le seul réseau de la SNCF (sous l’indicatif ZERO France-ZW) afin d’évaluer les destructions du réseau ferré français et les moyens de réparation à la disposition de l’armée allemande. L’observation aérienne ne pouvait en effet évaluer de façon précise ces moyens.

Jacques Chaban Delmas, comme commandant la résistance intérieure, avait été officiellement informé par les alliés de l’existence du réseau Monica et de la mission qui lui avait été confiée. Il avait été invité à y apporter le soutien de la résistance. Ce qui a donc entrainé l’information des réseaux de l’ORA, à commencer par celle des généraux Ailleret et Cogny, qui furent donc informés du rôle joué par le Dr R. FRCAN. Il en va de même du futur député maire SFIO d’Abbeville.

De Gaulle en fut obligatoirement instruit, ne serait-ce que par le canal de D. Ponchardier, et R. BOULIN, mandaté par de Gaulle pour récupérer à tout prix le dossier sacret à mon nom volé dans les archives du PC Jupiter, ainsi que le rôle joué par l’auteur de ces lignes. De ce fait, R. BOULIN est devenu détenteur des PV d’écoutes téléphoniques du Dr R. FECAN et ses corresponsants parmi lesquels Jacques Chaban Delmas, ainsi, bien sûr, que le premier juge d’instruction Jean BONNEFOUS, habilité au secret défense, et ses proches à savoir son épouse et sa fille Joelle, avec laquelle je me suis marié pour mon plus grand malheur, puisque le comportement de cette dernière n’a eu de cesse de s’approprier tous mes biens à commencer par ceux des successions dont j’ai été spoliées comme on le verra in fine.

Enfin le KGB a nécessairement été informé. En effet, les ftp et réseaux d’obédience communistes ont remplacé massivement les réseaux de Monica immobilisés par l’absence du Major Chalkley, et ce, par le canal d'Elizabeth, qui a manifestement remplacé le makor Chalkley pour l'exécution du plan Railways. Mon classement en tant que citoyen d’honneur de l’Union soviétique n’a rien de secret, de ce seul fait, alors qu’Elizabeth a scrupuleusement continué à remplir sa mission de coordination jusqu’à la libération d’Amiens à la fin du mois d’août 1944. Il en est allé de même pour l’ « Alsacien » qui avait été informé par ses camarades de combat du KGB, qui entendait pourchasser les trafiquants d’armes en ayant livré les Viets alors qu’il était le chef du deuxième bureau de la zone nord de Haï Phong.

Au total, plus d’un millier de personnes étaient informées du rôle du Dr R. FECAN durant la deuxième guerre mondiale.

C’est parmi eux que se trouve le voleur du dossier faux de mon internement psychiatrique en 1961 et donc qui a transmis ce dossier à l’Elysée et son « cabinet noir » pour annuler, avec succès, la stratégie de dissuasion nucléaire de la France voulue par le Général de Gaulle. Un vol qui a coûté et coûte toujours très cher au pays.

L'avantage qu'apporte la lecture de cet encadré, c'est qu'il éclaire très crument l'origine et les intentions des avatars, organisés à mon intention dès ma prime jeunesse, et qui se poursuivent toujours à mes seuls dépens. C'est au lecteur qu'il incombe d'en tirer des conclusions et de distinguer si un pays, qui discrédite le jeune enfant qui a sauvé le secret et rendu possible le débarquement en Normandie, qui organise des tentatives en vue de son internement à défaut d'assassinats ratés et le retrait de ses droits civils, peut être recpecté et pris au sérieux par ses alliés, parfaitement au courant depuis 1944. Au lecteur de juger la curieuse suite de ces avatars qui se poursuivent toujours en 2017.
(*) A ce propos, la général Leclerc, avec le soutien du Général de Gaulle, avait été autorisé le 5 octobre 1945 par le commandement allié à reconquérir l’Indochine. Quelques jours avant son départ à la tête du corps expéditionnaire français, alors qu’était chanté un Te Deum en la cathédrale d’Amiens, Leclerc et son chef d’état-major ont rencontré le Dr R. FECAN en ma présence : le général Lceclerc avait demandé que je lui sois présenté.
En créant une fausse destination du débarquement, l'Etat-major allié allait gagner un second avantage allant bien au-delà de la dissémination des chars tigres le long du littoral de la Manche et de l'Atlantique.

La zone d'Abbeville était enclavée et dépourvue de communications par voies ferrées directes entre la zone Nord d'Abbeville et la Normandie. Or, le char Tigre n'était pas seulement lourd, (blindage épais de 10, à 15 cm d'épaisseur), il était gourmand en carburant, et en munitions et lent, très lent (35 km/h au maximum sur route) Et ses chenilles modifiées au début de l'année 1944 étaient particulièrement fragiles sur route. Pour transporter par voies ferrées les chars tigres et Panther et vers CAEN et la Normandie, il leur faudrait passer par la gare de Longueau, ce qui a entraîné un redoublement des bombardements, de jour comme de nuit, la plupart des bombardements lourds de nuit étant exécutés par le "Bomber command", en rasant une bonne partie du NORD EST de l'agglomération amiénoise dont notamment le quartier de la Gare.

La triangulation
radio-goniométrique
implantée en secret
à Amiens par l'Abwehr
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Si le commandement allemand local l'ignorait, le poste émetteur miniaturisé, qui ne cessait de provoquer la police SS allemande, avait été conçu pour être déplacé, tant et si bien que la GESTAPO croyait à l'existence de plusieurs stations d'émission là où il n'y en avait en réalité qu'une seule. En revanche, les services de l'ABWEHR paraissent avoir vite reconnu que le manipulateur était unique (les services radiogoniométriques de l'Abwehr connaissaient le système de signature et de contresignature du MI6). Leur chef, le capitaine Frey en avait déduit que ce manipulateur connaissait vraisemblablement les intentions réelles des alliés.

Capturer et retourner ce manipulateur devenait alors une affaire d'Etat essentielle. C'estpourquoi les ervices de l'Abwehr installèrent dans le plus grand secret un dispositif sophistiqué et autonome de détection radio goniométrique à partir de trois poles: l'aérodrome de GLISY, la citadelle et ... la prison d'AMIENS, déjà bombardée. Ce dispositif était complété par des stations de détection radio-goniométrique mobiles sous forme de transports blindés chenillés ou aptes à pénétrer les marais (on notera qu'un partie de la zone balisée par la goniométrie de l'Abwher comportait une partie des hortillonnages adossés au quartier Saint-Pierre.

Pourquoi leur était-il indispensable de connaître le lieu du débarquement allié?

Les sorties de bombardiers alliés
dans le cadre des opérations "Pointblank" et "Crossbow"
entre juin 1943 et mars 1944
Ces données ne comportent pas les sorties de la Deuxième tactical Air force britannique
qui n'ont pas été publiées en détail, mais elles incluent les sorties du "Bomber Command".
Ces données inédites sont publiées sous copyright
et sont librement reproductibles
sous la seule condition d'en livrer l'origine
Dès le mois de mars 1944, les généraux allemands ne pouvaient l'ignorer - l'Allemagne perdait la maîtrise de l'Air au profit des Alliés. Malgré un effort de guerre sans précédent, le régime hitlérien ne pouvait plus parvenir à endiguer le flot des bombardiers alliés qui, de jour comme de nuit, bombardaient les cités urbaines et les zones d'industrie aussi bien en Allemagne (et en Autriche à partir de l'Italie) qu'en France dans le cadre de l'opération "Pointblank". Et la diversion que constituait la destruction par bombardement dans le cadre de Crossbow des sites d'armes V, ne constituait qu'une faible part de l'effort allié pour s'assurer la maîtrise totale de l'air comme le montre le diagramme livré ci-contre.

Faute d'avoir la maîtrise de l'air, Hitler disposait d'une arme apte à repousser toute invasion si elle était concentrée là où il fallait et au moment où il le fallait: le char tigre armé d'un canon de 88mm tirant des obus à charge creuse et qui se payait le luxe de résister aux bombes alliées. Mais Hitler avait là encore commis une faute. Doutant déjà de la fidélité de l'armée allemande, il n'avait pleinement doté de cet engin que les Panzer divisions SS.

Ouvrons une parenthèse pour dire que les obus à charge creuse, capables de transpercer la totalité des blindages de l'époque sont une invention en 1935 d'un polytechnicien français, redécouverte par les Allemands lors de l'occupation... (...Au su du réseau Marco Polo qui a adressé le détail des études techniques allemandes très poussées sur le sujet... aux alliés ...qui n'y ont cru que quand ils ont constaté les hécatombes de chars alliés provoqués par les divisions blindés SS, notamment à Caen et à St Lô).

Si, au lieu de construire la ligne MAGINOT, on en avait équipé l'Armée française, l'Histoire eût été tout autre que celle de la débâcle de 1940 et ce, pour un prix certainement inférieur à celui d'une ligne fortifiée pas vraiment finie...

Mais la construction de la ligne Maginot, cela valait beaucoup d'argent... dispensé en pure perte! A cet égard, on lit dans l'ouvrage du Major General Sir Kenneth Strong, (collaborateur en charge du renseignement à l'Etat-major de Dwight Eisenhower) « men of intelligence » (Les hommes du renseignement, p. 82, 2ème alinéa): «...A French 250mm anti-tank gun was captured and examined; to the Germans' surprise it was capable of piercing the armour of the majority of the tanks with which the German armoured divisions were equipped, although it appears to have had little effect against German armour when the offensive finally started...» (trad: ... Un canon antichar français de 250 mm a été capturé et examiné; à la surprise des Allemands, il était capable de percer le blindage de la majorité des chars équipant les divisions blindées allemandes, bien qu'il semble avoir eu peu d'effet contre les blindages allemands quand l'offensive a finalement commencé...).

On comprend mieux pourquoi la marine anglaise a lancé l'attaque surprise de Mers-el-Kébir et on constate que les spécialistes français de l'artillerie savaient, bien avant même l'achèvement de la construction de la ligne Maginot, que cette dernière ne pouvait pas résister à la nouvelle arme à charge creuse dont ils dotaient la marine de guerre française!. Force est de conclure que cette invention n'a servi en rien la France puisque la marine française, bien après Mers-el-Kébir, a dû se saborder à Toulon! Ce qui permet de conclure qu'en matière d'armements, il ne suffit pas de faire des découvertes mais d'en concrétiser l'efficacité dans l'esprit des stratèges militaires.

Le site de lancement de V1 de Vignacourt (Somme)
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Toujours est-il que le ministère de l'Intérieur NAZI avait délégué à AMIENS (*)(ville frontière de la zone spéciale Nord classée zone de guerre et rattachée au Groupe d'Armées géré depuis Bruxelles, et siège du QG de la deuxième Panzer division - relevant de la quinzième armée allemande - et du centre de mise en ouvre des armes V par le 155ème régiment W de la Flack), ses meilleurs limiers. Parmi eux, le capitaine Frey nanti de tous les moyens radio-goniométriques indispensables pour capturer ce poste intact et son manipulateur. Cette capture, le commandement allemand en était sûr, devait permettre de retourner la situation et d'opposer avec succès un Comité d'accueil aux troupes du débarquement. Cela ressortissait clairement d'un article d'un proche collaborateur de l'Amiral CANARIS, le colonel Oscar Reile que l'auteur de ce témoignage a adressé en mai 1956 au Général de Gaulle, alors à Colombey les deux Eglises, avec les explications y afférentes.

Après vérification par "l'Alsacien" (sous ce nom de Guerre se cachait un des as du contre-espionnage français, spécialiste des trafics d'armes, qui fut, entre autres, le responsable du 2ème bureau français de la zone Nord de Haï-Phong pendant la Guerre d'Indochine), ces documents ont été intégrés dans un dossier classé "secret défense", le 21 août 1961 par le Général de Gaulle, secret figurant dans les archives du PC Jupiter sous l'Elysée avant que d'en disparaître... dans des conditions ahurissantes.

En effet, dans l'environnement d'Elyzabeth S... gravitait un enfant assez chétif et couvant une tuberculose larvée qui n'avait pas quatre ans. C'est lui seul, et personne d'autre, qui, le 2 avril 1944, va faire échouer le plan mijoté par HIMMLER et ses services pour capturer la manipulatrice radio hébergée à Amiens. Comme le dossier était suivi par le Général Dwight D. Eisenhower, on comprendra aisément pourquoi, la preuve du témoignage qui est écrit ci-après, a obligatoirement été délivrée au chef de l'Etat-Major allié en vertu des protocoles régissant les communications codées interrompues en cours de transmission et pourquoi elle fait partie des archives secrètes américaines à diffusion suspendue, suspension qui a été prorogée (pour 60 ans!) par le Président Ronald REAGAN au mois de septembre 1986.

Un tout petit détail, on a seulement oublié d'informer le petit garçon; quand il a atteint sa majorité qu'il avait également le droit à la protection et à la citoyenneté américaine!

La tuerie de Villeneuve d'Asq

Pour en revenir à 1944, dans la nuit du Dimanche des Rameaux, la panne d'un train à la suite d'un sabotage raté transportant une unité de reconnaissance formée de SS venant d'Aarschot et probablement destinée à la zone Nord d'Abbeville, avait provoqué l'exécution sauvage, par les SS qui y étaient immobilisés, de 86 hommes valides du village de Villeneuve d'Ascq, proche de Lille. Rétrospectivement, ces exécutions constituaient en réalité des actes de vengeance et de représailles au télescopage d'un train de permissionnaires de la Wehrmacht avec un train de troupes SS et de chars à destination du front de l'Est provoqué sur la ligne Longueau-Lille à hauteur de Miraumont, tout près de la limite du département du Pas-de-Calais) sept mois plus tôt par le jeune Beaurin, alors âgé de 20 ans, sur l'ordre d'Elizabeth (alias Dominique Ponchardier).

Ce télescopage avait provoqué la mort d'une centaine de sous-officiers et soldats SS, et celle de 90 officiers SS dont celle d'un général de division. La tragédie de Villeneuve d'Ascq représentait bien les dangers encourus par tous ceux qui, à AMIENS envahie par les pires tortionnaires nazis, ont poursuivi inlassablement ce travail de renseignement, à commencer par la reprise des émissions en direction de l'Angleterre, mais cette fois depuis des points différents en dehors d'AMIENS.

Les risques étaient tellement sérieux que, dès le tout début d’avril 1944, Chobière avait été déplacé par le MI 5 … dans une maison close de Marseille (un comble pour une officier de Police judiciaire) d’où il s’est occupé de vérifier les innombrables renseignements indispensables au débarquement de Provence.

Quant aux chefs du réseau des sosies, "Elisabeth" et "Geneviève"(les frères PONCHARDIER), le MI 6, qui a continué à les rémunérer pour les travaux de mise à jour du "Mur de l'Atlantique", leur a interdit de se rendre en zone Nord et les a mis à la disposition du bureau du BCRA de Genève…. Le MI6 avait été informé grâce au Dr Robert Fécan que les services de la Gestapo de la zone Nord avaient reçu l'ordre de tirer à vue sur Dominique Ponchardier dont ils avaient la description et dont le cabinet immobilier, rue de Rennes à Paris, sera perquisitionné le 4 juin 1944, c'est à dire deux jours avant le débarquement en Normandie.

L'organisation des réseaux de l'O.R.A. décrite par Pierre Nord
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Autres réseaux au nord de la France

On aura garde d'oublier de citer comme réseau ayant joué un rôle important dans le Nord de la France les réseaux de l'O.R.A. (organisation de résistance de l'Armée) qui disposait d'une centrale de renseignement Eleuthère à Lille et qui collationnait également les renseignements collectés par Libération-Nord, comme il ressort d'un schéma publié par Pierre Nord dans le tome II de "Mes camarades sont morts", schéma qui est reproduit ci-après. Ces réseaux, auxquels il faut ajouter le réseau Zéro-France, composé de cadres des Directions nationales et régionales de la SNCF, ont joué un rôle important dans la précision des bombardements aériens du réseau ferré et dans la coordination des plans "verts" et "Tortue". Mon contact direct avec ce réseau, qui est resté fort discret après la guerre, est intervenu à la FIN du mois de juin 1961

Pour s’occuper de la gestion et des liaisons des réseaux du MI6 dans la zone Nord, il ne restait plus sur place à AMIENS, qu’Elizabeth S… et le Dr Robert FECAN, auquel il a été enjoint, comme couverture, de continuer à cultiver la collaboration avec les Allemands.

Tous ces agents qui renseignaient les alliés jouaient leur vie. Car, sous la houlette de Darnand, secrétaire au Maintien de l'Ordre, de nombreux services de police et notamment les renseignements généraux collaboraient activement à la répression sanglante mise en ouvre par le général des SS OBERG comme en témoignent les textes répressifs publiés par le Gouvernement de Vichy sous la houlette du général nazi que l'on peut consulter en cliquant sur ce lien. Il résulte historiquement de ces textes que les résistants et membres des réseaux alliés qui ont joué un grand rôle dans la libération de la France, n'avaient pas d'autre alternative, s'ils poursuivaient leur lutte contre les allemands et les collaborateurs, que de risquer leur vie. Et beaucoup de ces résistants, Français ou non, sont morts, soit fusillés, soit déportés. Tel fut bien le cas de Gastion Bleuet, qui a organisé le réseau ZERO-FRANCE

Témoignage:

Ce dimanche des Rameaux 1944 était un jour de beau temps, mais assez frais et sec. Dans la cour de la maison du 105, chaussée Saint-Pierre, qui était en retrait en impasse, on avait mis dehors les enfants, qui, entre 10 heures et 10 heures trente s'esquivèrent les uns après les autres et disparurent à l'exception d'un seul, l'auteur de ces lignes. Cette matinée vibrait en effet au rythme de l'horloge de l'église Saint-Pierre, qui n'avait pas encore reçu le chapelet de bombes destinées à la gare de triage de Longueau qui l'a transformée pour plus de 15 ans en décombres.

11 heures: dans le jardin, de cette maison isolée, le petit garçon blond et chétif est resté seul. Il a froid et il constate qu'il ne peut rentrer dans la maison: les portes sont fermées et il est trop petit, pour les atteindre facilement. Dans la maison, une seule personne, qu'il appelle "tatie zabeth", une femme blonde d'une trentaine d'années, Elizabeth S, ex-infirmière de l'armée anglaise qui était à peu près la seule à s'occuper de lui. Alors, le petit garçon doit bouger pour se réchauffer et bien qu'on lui ait enjoint de ne pas sortir de la propriété, il décide de descendre l'impasse pour voir revenir les familiers qu'il pense être à la messe.

Il descend donc l'impasse par la gauche, et s'arrête sur le trottoir fort mal pavé au demeurant. Là, il commence par regarder à gauche du côté de l'Eglise, c'est à dire vers l'EST. Rien de spécial mis à part quelques personnes qui rentrent précipitamment chez elles après avoir regardé vers le bas de la chaussée St Pierre, c'est à dire vers l'Ouest. Il regarde lui aussi de l'autre côté vers l'Ouest et voit très loin tout au bas de la chaussée Saint-Pierre, juste au niveau du pont St-Leu un curieux cortège: un véhicule camouflé allemand, encadré par deux files d'hommes en armes lesquelles sont prolongées par des traits étincelants (des baïonnettes). Sur le véhicule allemand, assez impressionnant même de loin, un cercle tourne par saccade.

Le petit garçon est lui aussi pris d'un irrépressible besoin de rentrer et de prévenir celle qui, pour lui, est "Tatie Zabeth". Il remonte l'impasse passe la grille et butte sur la porte de la cuisine dont il ne peut atteindre la poignée. Pas moyen d'ouvrir! alors il va voir s'il peut emprunter l'entrée du perron. C'est fermé également mais, traîne, sur la dernière marche, un morceau de planche dont il s'empare.

Il revient encore vers l'entrée de la cuisine met la planche se hisse dessus mais, là encore, c'est trop juste. En se retournant, il voit le bûcher qui servait à alimenter la cuisinière: il trouve deux morceaux de bûche qu'il cale sous la planche. Cette fois-ci cela marche. La porte de la cuisine s'ouvre. Il crie mais ne reçoit aucune réponse.

Le petit garçon se précipite pour affronter maintenant l'escalier, qui lui apparaissait aussi difficile qu'une montagne à gravir. La veille, il était tombé depuis la cinquième marche. Avec un peu d'appréhension, il commence à gravir l'escalier. Mais à la septième marche, patatras, il glisse sur le vieux tapis usé de l'escalier et tombe durement sur le sol carrelé. Cela fait mal! En tombant le dos de sa main droite s'est écorchée sur le décor en fer forgé de l'escalier. Rageur et entêté, il regarde sa main droite et se dit que s'il s'était accroché au fer forgé décorant la rampe de l'escalier, il ne serait pas tombé et il recommence en s'agrippant de la main droite au fer forgé. Cela marche!

Enfin, il arrive en haut de l'escalier barré par une barrière en bois. Il lui faut bien encore vingt secondes pour ouvrir cette barrière. Et là, il s'affale sur le sol de l'étage: impossible de se relever tant il est fatigué. Qu'à cela ne tienne. Il marchera à quatre pattes et c'est à quatre pattes qu'il tembourine la porte de "tatie zabeth" parce qu'elle tardait à répondre. Enfin, elle ouvre la porte, fort courroucée d'être dérangée, et là elle entend ces mots: "des Allemands remontent la chaussée avec un gros camion et un rond qui tourne dessus".

L'enfant commencait à tousser sérieusement. Cela faisait bien sept à huit minutes qu'il avait repéré le dispositif de détection allemand sans savoir ce que cela signifiait au juste . La signification de ces manœuvres allemandes, il ne l'apprendra que douze ans plus tard.

En un bond, Elizabeth ouvre la fenêtre remonte prestement un fil pendant à l'extérieur qu'elle enroule rapidement après l'avoir décroché d'un engin miniaturisé sur le bureau et cache le tout dans une cache quasiment invisible sous le plancher, puis elle empoigne l'enfant et redescend prestement l'escalier.

Lorsqu'elle sort de la maison, les Allemands sont en armes, baïonnette au canon au bas de l'impasse et une sorte de véhicule vert camouflé imposant surmonté d'une antenne circulaire barre en partie la chaussée Saint-Pierre et surtout tout le bas de l'impasse. Elle hésite, d'abord, elle pense se réfugier dans le jardin quand l'enfant est pris d'une quinte de toux encore plus forte que les autres qui attire l'attention des militaires allemands dont celle de l'officier commandant l'opération qui est sorti de l'engin, révolver au poing. Il s'agit en réalité du brillant capitaine Frey, responsable du service de détection radiogoniométrique pour le front ouest qui va subir son premier échec de la guerre.

Elle se rend bien compte que cela ne servirait à rien de chercher à se camoufler. Alors elle va changer de rôle et jouer celui d'une mère éplorée qui vient en urgence consulter le médecin pour son enfant en grave difficulté et ne sait que faire car il n'est pas là et il ne semble n'y avoir personne dans la maison.

Les soldats en arme s'agitent de plus en plus et commencent à progresser vers la maison, alors, elle va au-devant d'eux et comble de chance, le petit garçon se met à cracher du sang. A l'époque, cracher du sang c'était le signe certain d'une atteinte grave de la tuberculose. Mais cela aurait pu être aussi bien une réaction d'allergie puissante. Du coup, Le capitaine Frey, accompagné de deux soldats en armes, visitent , à bonne distance de leur capture, toute la maison de la cave au grenier à la recherche d'une installation radio puissante, qu'ils ne trouvent pas, et vérifient qu'il n'y a personne d'autre dans la maison, ce qui était vrai.Pendant toute la visite qui a duré près d'une demi-heure, le capitaine Frey a tenu son pistolet automatique en direction du petit bonhomme qui n'en pouvait plus, cela probablement afin d'intimider Elizabeth S.

Aorès quoi, le capitaine Frey a conseillé à la "manipulatrice" de chercher ailleurs un médecin en urgence ou de se rendre à l'hôpital. Visiblement, les soldats prenaient bien soin de ne pas s'approcher de l'enfant et ne cherchaient pas vraiment à s'incruster. Le BK était certainement plus craint dans l'Armée allemande que le MI VI. Et c'est ainsi que le capitaine Frey et ses soldats d'élite ont laissé filer la manipulatrice radio qu'ils recherchaient.

Elizabeth a pris l'enfant qui l'a sauvé dans ses bras et s'est éloignée, et l'a reposé au sol dès qu'elle a tourné le coin de la rue. Pour l'heure, il n'était pas question de retourner sur place mais bien de trouver un refuge.

Elle ne sait que faire et commence par emprunter le chemin de hallage en compagnie de l'enfant qui a de plus en plus de mal à la suivre. Puis, à la hauteur du Pavillon bleu, elle fait subitement demi-tour et se dirige vers le pont Saint-Leu. De là, elle peut voir tout ce qui se passe sur la Chaussée St Pierre. Le petit garçon est de plus en fiévreux. Un quart d'heure plus tard, elle constate que les Allemands sont partis, toujours vers l'Est, sans doute pour rejoindre leur PC sur l'aérodrome de GLISY. et décide de revenir au domicile du Dr Robert Fécan avant de déciser de faire le tour du quartier par l'Eglise Saint-Pierre

C'était la sortie de la grande messe. A cette époque, les pratiquants étaient fort nombreux et c'était une bonne occasion de se mêler à eux. Pourtant, ils ne sauront rien de ce qui vient de se passer.

Elle remonte la chaussée Saint-Pierre et là, à l'entrée de l'impasse, le petit garçon perd connaissance et entre probablement dans le coma, victime d'un choc anaphylactique, puisqu'il n'a plus aucun souvenir de ce qui s'est passé après, pendant plusieurs jours. Il lui restera de cette journée, outre la vision de deux paroissiennes chapeautées descendant la chaussée Saint-Pierre un bouquet de buis à la main, dont l'une lui évoquera huit ans plus tard ce qu'il s'était passé ce jour là.

En définitive, le petit garçon se réveillera dans une ferme à Poulainville où on ne lui dira rien. Pas la moindre explication ne lui sera livrée! Il lui faudra trouver tout seul. Et jusqu'à la libération de la Ville d'AMIENS, on ne le reverra plus en compagnie de cette femme, qu'il a sauvée. Après la Libération non plus d'ailleurs!

C'est ainsi que le secret le plus jalousement gardé, celui de l'opération Neptune du débarquement en Normandie échappera aux serres de l'Abwehr et de Himmler. Dès le 7 avril 1944 ,à l'école Saint-Paul de Londres, en présence exceptionnellem de CHURCHILL, qui n'était certes pas là par hasard, les alliés se répartissaient les grandes éléments du plan OVERLORD. Dwight EISENHOWER et son Etat-major avaient désormais la conviction que les services secrets allemands n'avaient rien percé des plans de l'opération OVERLORD et qu'ils seraient désormais informés à coup sûr des mouvements de la quinzième armée allemande. Il ne restait plus qu'à fixer la date du débarquement.

Que serait-il passé si le petit garçon était resté passif et avait laissé les services de l'Abwehr s'emparer d'Elizabeth S.? Il est évident que toute la famille du Dr Robert FECAN aurait été prise en otage et probablement déportée et que le Dr Robert Fécan lui même aurait subi les pires sévices que les SS réservaient aux traîtres. Bien au-delà, les manipulations entreprises pour crédibiliser un débarquement dans le Pas-de-Calais auraient été éventées et les troupes nazies chargées de contrer le débarquement allié auraient renforcées en Normandie, comme cela avait été le cas le 19 août 1942 à Dieppe.

Quant au petit garçon, il ne devait pas attendre la moindre reconnaissance de la famille Fécan, mais il connut en revanche les coups les plus tordus qui se puissent concevoir, dont certains auraient pu être mortels. C'est d'ailleurs en 1951, que fut porté à sa connaissance par des habitants de la chaussée Saint-Pierre l'endroit exact où se trouvait le Dr Robert FECAN au moment même de l'intervention du capitaine FREI à son domicile. Il se trouvait route de Doullens, à une centaine de mètres du carrefour formé par la route de Doullens et la chaussée Saint-Pierre, chez une dame Thieu, professeur de piano de son état, et certainement pas pour y apprendre à faire des gammes.

Seul, un certain général de Gaulle, qui avait découvert l'étendue de l'affaire au cours du mois de mai 1956 parce que l'enfant devenu adolescent la lui avait racontée dans une lettre expédiée à Colombey-les-deux-Eglises. Une histoire qu'il avait pu recouper grâce à Dominique Ponchardier, le responsable du service d'ordre du RPF puis de l'UNR. Ce qui conduisit le général de Gaulle à prendre en considération l'étrange rôle qu'avait joué ce petit garçon, dans l'aboutissement du débarquement en Normandie.

Il reste à écrire l'épilogue de ce qui s'est passée après cette journée. Et la très étonnante histoire de ce petit garçon, qui fut secrètement hissé, dès le mois de mai 1945, au rang de citoyen d'honneur de l'Union soviétique, honneur dont il a été informé officiellement à l'Ambassade d'URRSS à Paris au cours d'un déplacement du chef de l'Etat soviétique, selon un protocole arrêté par G. Pompidou et en présence d'un mentor désigné par ce dernier. Entre temps, de Gaulle avait classé l'auteur de ces lignes "secret défense de niveau cinq" (le sien) Plus tard encore, il apprendra également qu'il était censé avoir droit à la citoyenneté américaine par deux décisions secrètes, dont la première prise le 23 septembre 1944 dans le salon oval de la Maison Blanche, qui seront portées à sa connaissance beaucoup plus tard! Mais tout cela n'intéresse apparemment aucun éditeur dans le pays de France! Hélàs, la vérité ne fait pas rêver. Soixante neuf ans plus tard, le 1er avril 2004 Jean-Robert FECAN




                                Jean-Robert FECAN

(*) Ironie du sort, l'Amiral Canaris va déterminer, à partir d'une transmission radio du 4 juin 1944, que le débarquement aura lieu en Normandie. Voici à ce propos le commentaire du Major Général Kenneth Strong dans son livre « Men of intelligence » (p. 68 fin du premier alinéa):"In one respect at least the confusion caused by his falling from power unwittingly helped the Allied cause. Early in 1944 Canaris had discovered the text of the radio message that was to be transmitted from Britain shortly before the start of the invasion instructing the French resistance to stand by. The actual message was intercepted by a German Army station when it was transmitted on 4 June 1944, but no action was taken by the Germans. With Canaris in disfavour, apparently no one realized its true significance." (trad: "À ce propos au moins, la confusion provoquée par la chute de sa puissance a inconsciemment aidé la cause des Alliés. Au début de 1944, Canaris avait découvert le sens du texte d'un message radio qui avait êté transmis depuis la Grande-Bretagne, peu avant le début de l'invasion demandant à la résistance française de se tenir prête.
Il s'agissait, on le sait, de la première strophe de la Chanson d'automne de Verlaine: "les sanglots longs des violons de l'automne..." qui devait mettre en alerte du débarquement sous 48 heures les réseaux du Nord de la France. Le message réel a été intercepté par une station d'écoute de l'armée allemande quand il a été transmis, le 4 juin 1944, mais seule, la 15ème armée allemande avait été mise en alerte en vue du débarquement allié. Aucune mesure particulière n'avait été prise par la septième armée allemande directement concernée... A part Canaris en disgrâce, personne à la tête de l'O.K.W. n'avait apparemment réalisésa vraie signification.")
(**) A noter qu'AMIENS est également devenu un moment le siège du QG du Groupe ouest des armées de Panzer allemande juste après la bataille de Normandie puisque le général Eberbach, la commandant, et tout son état-major y ont été faits prisonniers le 31 août 1944, alors qu'ils prenaient leur petit déjeuner. En fait, le général des armées de Panzer était nu puisque sans aucun char ( Les opérations en Europe du corps expéditionnaire allié Editions Berger-Levrault, p. 94 fin du 1er alinéa sous la plume du Général Dwight D. Eisenhower)



                                




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dernière mise à jour le 24 décembre 2016.