plan détaillé du site

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Le contexte du tournant de la guerre en Europe: préparation du débarquement en Normandie

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 Suite de la 1ière Page
Témoignage
 le contexte de "Kanalkueste"
et de "Fortitude"

Page 3 actuelle Epilogues pour l'auteur

Page4

Suite de la page 4: Epilogues pour l'auteur
et pour la France

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Collaboration et Répression
contre la Résistance et les maquis dans
les départements métropolitains jusqu'à leur Libération.

Epilogue

Les difficultés rencontrées par l'auteur de ces pages dans l'établissement des faits qu'il rapporte furent multiples et cumulatives. Ses chances de s'en tirer étaient quasiment inexistantes. Et pourtant...
Dans le cas de l’auteur, qui avait assisté à la réunion du 3 janvier 1944 et avait fait échouer le 2 avril 1944 le plan de l’Abwehr pour capturer Elizabeth S… et son émetteur, c'est justement l'inverse qui s'est produit. Ce sont des résistants indignés par le comportement de la famille FECAN et notamment du Dr Robert FECAN, qui ont pris contact avec l’auteur, et l'ont puissamment aidé à se tirer d'un vrai traquenard. Mais la question se pose de savoir qui a coordonné les deux plus mystérieux réseaux de la Résistance. Bien peu de résistants avaient la capacité de coordonner le mystérieux réseau zero-France et celui des prêtres résistants amiénois afin d'assurer ma sauvegarde. L'auteur a tout lieu de penser que cette coordination des prêtres catholiques avec Zéro-France n'a pu qu'être réalisée par Marie-Madeleine Fourcade, sollicitée par Robert BOULIN, membre du réseau «Navarre», lui même sous réseau d'«Alliance », qui disposait du potentiel nécessaire, des comptes-rendus d'écoutes téléphoniques et de l'appui total du Président Charles de Gaulle, comme on le comprendra dans les développements qui suivent. Mais seul, le dossier secret disparu, ne peut qu'établir juridiquement cette implication formelle.

(*) Note de l'auteur: Pour sa part, l'auteur a retenu pour vraies les seules déductions engendrées par la logique des implications (déductions qui ne sont au demeurant pas recevables en droit "dit positif" - voir par exemple l'instruction de l'assassinat de Robert BOULIN. Toutefois, un premier revirement vient de se réaliser avec les décisions prises en urgence depuis le 9 janvier 2014 par le juge des référés du Conseil d'Etat concernant les activités de M. Dieudoné. Ce revirement sur le droit positif mérite un jugement sur le fond pour être totalement valide). La pluralité des hypothèses révélées par la logique d'implications a donné lieu à des contrôles minutieux qui ont abouti au dossier Sherrington (M. Sherrington est un ancien fonctionnaire spécialiste des chemins de fer qui fut chargé de la coordination des transports ferrés de l'armée anglaise en France en 1939 et 1940). L'enquête que l'auteur a reprise à partir de l'année 2000 et le fait même qu'il soit resté en vie bien qu'il ait fait au même moment l'objet d'une nouvelle entreprise d'internement montre qu'il a eu raison.

Une enfance piétinée

Ma naissance a été déclarée le 7 juillet 1940 par Maurice FÉCAN à la mairie de Niort, ce qui supposait que ma mère ait accouché à Niort. Je passe sur le fait d’avoir entendu que Suzanne Giraudeau se serait trouvée à AMIENS le 3 juillet 1940 et à POULAINVILLE le 5, alors que l’armée allemande interdisait la traversée de la Somme. En revanche, et je prend ici un raccourci, je retiens que, selon deux membres éminents du clergé amiénois, ma situation à ma naissance était telle que le curé de Niort, qui a procédé à mon baptême, ce même 7 juillet 1940, m’avait consacré à la vierge Marie sur le maître autel de Notre Dame de Niort. Et pour ces ecclésiastiques amiénois, les événements du 2 avril 1944, dont ils avaient connaissance, n’en étaient que la conséquence.

Une fois la famille réunie à Amiens avec Elizabeth S… et le Docteur R. Fécan, libéré, puisque ma naissance comme quatrième enfant lui conférait la qualité de soutien de famille, une cuisinière réfugiée espagnole, au demeurant atteinte de tuberculose, a été engagée par les époux Fécan, respectivement docteur en médecine et infirmière. Comme seule, la cuisinière réfugiée espagnole semblait s’occuper de moi, je ne manquais pas d’être atteint de cette maladie avant l’âge de six mois, ce dont je ne serai vraiment guéri qu’au mois d’août 1956 après un traitement à la streptomycine de deux mois consécutifs. Cela peut effectivement relever du miracle et ce ne sera pas le seul.

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En gros, de janvier 1941, après le départ de la cuisinière espagnole expectorant du sang, jusqu’à son départ, le 19 septembre 1944, (le lendemain de l'arrestation du Dr Robert Fécan condamné à mort cinq jours plus tard pour faits de collaboration voir extrait du journal Picardie Nouvelle) c'est Elizabeth S… qui s’occupera de moi en prenant d’ailleurs le risque d’une contamination par la tuberculose. Mais après son départ, et dans la mesure où je toussais beaucoup la nuit au point que j'étais battu la nuit dans mon lit par mon père que j'empêchais de dormir, il est certain que j'étais confié, soit à la garde grand-mère paternelle, soit à celle de sa sœur, épouse Dufour, qui était ma grand tante paternelle, à la moindre alerte qu’elle soit d’ordre médicale ou pas. Ce sera en particulier le cas après la perte par Claudine FECAN d'une chevalière en or.

Le «vol» de la chevalière en or de Claudine FECAN …
Conséquences d'une haine tenace dans une famille d'enfer

A l’occasion de sa première communion, ma sœur aînée, Claudine Fécan, reçut en cadeau une chevalière en or qu’elle perdit d’ailleurs le jour même de sa communion. Je devais alors être proche de mes 7 ans. Mon père, qui avait fait l’acquisition d’un nerf de bœuf, en principe pour se défendre quand il faisait ses tournée de visites, va l’inaugurer sur moi lorsque, quelques jours plus tard, Claudine m’accusa de lui avoir volé cette bague.

Je reçus donc six coups de nerf de bœuf sur le dos et les fesses et six autres sur la poitrine et l’abdomen avant d’être enfermé dans la cave à charbon sans boire ni manger pendant huit heures d’horloge. Ces coups semblaient particulièrement amuser Christine et Claudine Fécan. Ces punitions devaient me forcer à avouer un vol que je n’avais pas commis. En fait, la fratrie ne faisait qu'amplifier le comportement de leurs parents. Et comme je persistais à refuser d’avouer ce vol, je fus expédié chez la grand-tante paternelle dès le lendemain, jusqu’à ce que ma grand-mère maternelle Giraudeau revienne à AMIENS et exige ma présence au domicile de mon père afin de m'emmener en vacance avec elle.

Elle s’aperçut que j’avais des difficultés pour lever les bras et me déshabilla et fut scandalisée par l’étendue des hématomes qu’elle découvrit... Personne, à commencer par moi-même, craignant des représailles encore plus pénibles, n’osa lui avouer la vérité. Elle se rendit pourtant au Commissariat de police d’Amiens où elle porta plainte contre X, plainte qui, on s’en doute, fut classée sans suite. Puis elle m’emmena avec elle à Niort pendant le reste des mois de juillet et août. Mention et copie de sa plainte et des brutalités que j’avais subies, figuraient pourtant dans le premier dossier secret conservé dans le PC «Jupiter» depuis le 21 août 1961 avant que d'en disparaître en 1966. A défaut d'excuses, claudine FECAN me voua une haine infinie à partir de cette époque. Et cette haine s'étend et se poursuit indéfiniment.

Dès le mois de septembre 1947, je revenais chez ma grand-tante Dufour et rentrais à l’école communale. Le vendredi suivant la rentrée scolaire, je me rendis au 105 chaussée Saint-Pierre pour déposer la demande d’assurance à la MAE et la cotisation annuelle à la coopérative de l’école. A peine étais-je parvenu dans la salle à manger, que mon père y pénétra pour annoncer que la voyante qui venait de le consulter (elle habitait dans le quartier Saint-Leu tout près du pont traversant le canal) allait revenir avec sa baguette pour localiser dans le jardin la chevalière en or déclarée volée par Claudine.

Il ne fallut pas plus de 10 minutes à cette personne, fort réputée à l’époque à Amiens, pour localiser avec sa baguette de coudrier la fameuse chevalière qui était enfilée sur la branchette d’un buisson. Une fois la bague découverte, elle a ajouté en me regardant et en répondant à une question de ma mère que je risquais de ne pas survivre à mes vingt et un ans, un avis que tout le monde relia à mon état de santé… Toujours est-il que sans le moindre regret ni même d'excuses de la part de mon père ou de Claudine, je compris que j’étais placé au ban de la famille Fécan, qui me tiendra à l’écart jusqu’à ma majorité et même après. La fratrie ne faisait vraisemblablement qu'amplifier le comportement de leurs parents. Je ne reviendrai au 105 chaussée Saint-Pierre qu’après l’âge de 16 ans, quand toute la fratrie et ma mère seront parties soit à Neuilly, soit ailleurs, pour y poursuivre leurs études supérieures.

Si je raconte ces faits c’est tout simplement que, vers la mi-avril 1961, cette voyante me croisa sur le pont de Saint-Leu et elle me rappela sa prévision de 1947. Elle ajouta qu’il me fallait absolument quitter le 105 chaussée St-Pierre avant ma majorité si je voulais rester libre et en vie… Or, cette femme connaissait beaucoup de monde et elle ne devait donc pas avancer une telle affirmation par hasard. Elle ne fut d’ailleurs pas la seule à me mettre en garde comme on le verra ci-après.

C’est pourtant à partir de 1956 et de ma lettre au général de Gaulle que ma vie va être influencée par une multitude d'informations, dont voici l’essentiel. Lors d’un retour depuis Neuilly-sur-Seine, où j’avais séjourné pendant les vacances de Pâques 1956, et alors que j’avais retenu ma place dans le train, je trouvais bien en évidence, à la place que j'avais retenue, un journal qui relatait des déclarations à la presse du lieutenant-colonel Oscar Reile, chef de l’Abwehr sur le front Ouest et du capitaine Frey, chef des services de radiodétection de l’Abwher, quant à leur séjour à Amiens en 1944 et à l'importance qu'ils attribuaient au bombardement de la prison d'Amiens. Il en ressortissait que si l’Abwehr capturait le poste émettant à Amiens et son manipulateur, alors ils pourraient clairement déterminer le ou les points de débarquement des alliés.

Et effectivement, il faut bien admettre que s’ils avaient capturé Elizabeth S… en train d’émettre, ils n’auraient pas manqué de découvrir l’objet principal du plan « Railways » d’Eisenhower, un plan qui avait été mis au point par Allen Dulles en Italie, le futur Directeur de la CIA, et simulé au Pentagone par le chef d'état major de l'Armée US, le général Marshall au mois de janvier 1944, en présence d'Eisenhower juste avant qu'il ne prenne son poste de commandement des armées alliées chargées du débarquement. Autant dire que le plan "RAILWAY" constituait la plat de résistance du débarquement en Normandie.

Cet événement ne faisait que confirmer que le réseau (auquel j'attribuais le qualificatif de "gare du Nord" alors qu'il était désigné par l’indicatif radio "zéro-France-ZW") en contact avec Elizabeth S… connaissait parfaitement mon existence. En clair, il devait être présent ou représenté à la réunion du 3 janvier 1944 au domicile paternel qui le concernait au premier chef, soit en la personne de Gaston Bleuet, chef de gare à Amiens, soit également en celle de son successeur et adjoint. Mais surtout, cela me confirmait que bien peu de résistants, et certainement pas de Gaulle, dont je lisais justement les mémoires de Guerre, n’avait eu connaissance de l’importance stratégique du plan "Allen Dulles- Eisenhower" de destruction du réseau ferré français à la disposition de la Wehrmacht. Un plan qui a fait plusieurs millions de victimes.

Je me pénétrais des déclarations respectives et publiques de MM Reile et Frey (lequel détaillait les mesures de radio localisation prises par l’Abwehr pour capturer Elizabeth S.. et son poste radio, voir en page 1 ci-avant), et je concoctais une lettre à l’intention du général de Gaulle, alors résidant à Colombey-les-deux-Eglises à laquelle je joignis les déclarations des deux militaires allemands que j’avais découpées. J’expédiais à Colombey-les-Deux-Eglises, le 20 mai 1956, cette lettre qui contenait des indications fort précises sur la façon de solutionner la stratégie de dissuasion nucléaire de la France, qui pouvait très vite fabriquer des armes nucléaires et lui annonçait comme très probable son retour au pouvoir étant donné le marécage politique lassant les Français que présentait la quatrième République. C'est très logiquement ce qui s'est passé.

C’est encore à la fin du mois de juin 1956 que mon père fit une radio de mes poumons pour découvrir que mon arbre bronchique était équipé de multiples nodules infectés (15 en tout), sans autres complications ce qui signifiait que je résistais à cette infection depuis ma plus tendre enfance (c’est-à-dire depuis plus de 15 ans). Je fus traité avec succès pendant deux mois à la streptomycine tout en conservant une extrême sensibilité des bronches.

Une adolescence solitaire de pauvre

Une fois guéri de cette infecte maladie qui dévorait toutes mes forces et ma jeunesse, je repris ma croissance très retardée, et ma propre reconstruction en dehors du cercle familial, puisque je n’intéressais personne, surtout pas mon père qui affirmait à qui voulait l’entendre que je n’étais pas son fils. Un jour, il ajouta même qu'il avait le droit de vie ou de mort sur ma personne. Au XXème siècle, je vivais en quelque sorte à l'époque mérovingienne!...

N’ayant d’autre argent de poche que celui qui m’était accordé à condition de laver les voitures paternelles, ni d’autre vêtement que ceux que je pouvais rapiner parfois jusque dans les poubelles du quartier cossu d’Henriville en montant à pied à la cité scolaire (mon père avait supprimé tout abonnement aux transports communaux), je réussis dans mon entreprise de reconstruction. Anecdote: je me souviens que c’est en fouillant les poubelles sur le chemin de la cité scolaire que j’ai récupéré une magnifique paire de chaussures à semelle de crèpe de fabrication américaine quasiment neuve et à ma taille. Une semaine auparavant, j’avais montré au censeur du lycée qui m’avait convoqué pour me faire part des récriminations de mon père, mes vieilles chaussures, dans lesquelles j’étais contraint de glisser chaque matin depuis plusieurs mois un morceau de carton pour me rendre à pied au lycée distant de 8 km. Cette trouvaille ne devait rien au hasard: le censeur habitait à deux pas.

L’un des éléments de ma reconstruction fut constitué par l’achat à bas coût de quelques livres parmi lesquels la psychologie de la forme, un livre de combat à main nue (close combat) dont j’avais appris à exécuter les gestes devant une glace (exercice de katas en japonais) et un autre consacré à la logique des implications, trouvé lui aussi dans une poubelle du quartier d'Henriville, qui me passionna. Très vite, les mécanismes de la logique des implications (**) me servirent à vérifier la réalité des informations que je pouvais recueillir, les déductions logiques qu'il était possible d'en tirer et à coder mes archives (y compris le dossier que j’avais expédié au général de Gaulle) que je serrais, avec mes maigres économies, dans la cache utilisée jusq'en septembre 1944 par Elizabeth, sous le plancher de la chambre au Nord Ouest de la maison du 105 chaussée Saint-Pierre à Amiens. Il est certain que dès que le commissaire Chobières et mon père ont découvert cette codification, ils ont du me considérer comme fou dans la mesure où ils se sont trouvés incapables de les déchiffrer tout en retrouvant la découpe du journal concernant les déclarations publiques des lieutenant colonel Reile et capitaine Frey.


(**) A ce propos, le rédacteur de ce site pense que les principes fondamentaux de la logique des implications (théorie de ensembles, calcul booléen et relations d'implications) devraient être enseignés dans les classes terminales du second degré, et qu'ils devraient être suffisamment développés dans tous les domaines de l'enseignement supérieur, aussi bien dans le domaine du renseignement ainsi qu'à l'E.N.A., tant cette technique scientifique d'investigation contraint celui qui l'emploie à réfléchir à la définition des limites dans laquelle s'appliquent les opérateurs logiques et à leurs interactions. Pour l'heure, elle ne semble s'imposer en France que dans l'électronique et vaguement dans l'informatique.


Je parvins après mon bac à me faire inscrire au DEUG de Maths Physique, que j’obtins assez facilement avec mention malgré les évènements les plus éprouvants que je devais vivre. Entretemps est survenu, le 2 novembre 1960 vers 20 heures, un grave incident entre mes parents. Suzanne Giraudeau était venue quémander de l’argent à son époux pour ses enfants inscrits dans l'enseignement supérieur à Paris. Son visage était marbré de coups. Mon père, outre diverses menaces, intima l’ordre à son épouse de quitter le domicile conjugal et de n’y plus jamais revenir en semblant quitter la maison quand, passant devant la table de la cuisine il vit un couteau à saigner dont il s'empara.

Saisi d'une pulsion meurtrière, il se précipita vers son épouse un couteau de cuisine à saigner à la main en hurlant qu'elle "le menaçait de façon calomnieuse de collaboration pendant l'occupation alors que le Conseil d'Etat l'avait absous et indemnisé de sa condamnation par la Comité de libération d’Amiens".

Or, j'étais parfaitement informé de la vérité de cette affaire ... depuis 1956, y compris de la démarche de S. Giraudeau auprès de l'officier traitant d'Elizabeth qui a abouti à sa Libération... sur un ordre de mission signé Eisenhower. J’eus juste le temps de le désarmer sans ménagement avant qu’il n’éventre son épouse. Cette dernière a refusé de porter plainte et me demanda de taire cette scène, ce qui allait susciter à mes seuls dépens les plus sombres tracas.

Le maquillage du classement "secret défense du Dr R. FECAN"

Pour expliquer cela, il parait indispensable d'ouvrir une grande parenthèse sur le mode de fonctionnement de la notion de secret. Il existe des secrets de plusieurs catégories mais une seule catégorie la 5 est assignée à ceux touchant la fonction militaire du chef de l'Etat. Le classement du Dr R. FECAN ne pouvait donc qu'être inférieur à celui de son fils.

Dans la réalité, le Dr Robert FECAN ne supportait pas que sa femme soit témoin de la réalité de la dépendance de son époux des services secrets alliés chapoté par le commissaire principal d'Amiens et de son classement "secret défense" en France qui n'était que la conséquence de l'intervention de son épouse auprès de l'officier traitant d'Elizabeth pour sauver son époux. Et en voici la preuve.

La mutation d'une condamnation à mort
en internement... par le Conseil d'Etat
(voir la page 7 du jugement)

Un jugement du TGI d'Amiens daté du 28 juin 1963 ordonnançant l'enquête contradictoire destinée à éclairer le tribunal préalablement à toute décision a enregistré l'affirmation suivante (non contredite par son épouse) faite officiellement au nom du Dr Robert FECAN: «… Elle ne cessait de colporter sur le compte de son mari les propos les plus ignominieux. C’est ainsi qu’elle raconta à l’une de ses bonnes que le sieur FECAN avait fait de la prison en 1944 alors qu’elle savait mieux que personne que l’internement de son mari avait été arbitraire, et qu’un arrêt du Conseil d’Etat lui avait accordé 100.000 F de dommages-intérêts, en indiquant que toute personne qui ferait état de cet emprisonnement encourrait des poursuites judiciaires.» (voir ci-contre)

Bien que les greffiers d'AMIENS aient expurgé les décisions de justice qui m'ont été communiquées de toute allusion au classement secret défense du Dr R. FECAN, ils ont laissé subsister cette affirmation. Or, toute personne classée "secret défense", dont j'ai fait partie à tout le moins jusqu'à la disparition de mes dossiers dans les archives du PC "JUPITER", savent très bien que le Conseil d'Etat adopte de telles dispositions pour assurer le secret d'une telle décision de classement d'ordre politique prise généralement par le Président du Conseil, dans le cadre général de la défense ou du commerce des armes, et par le Président de la République, dès que cela concerne les pouvoirs régaliens du chef de l'Etat.

Pourquoi mon classement secret défense?

Le lecteur peut alors comparer les différences de comportement du père, qui, en réalité était entièrement dépendant des services secrets alliés et dont l'activité secrète lui avait été en réalité imposée pour l'accomplissement des objectifs fixés par Churchill, sous le contrôle de Chobière à savoir: contrôler le plan de bombardement du réseau ferré élaboré par l'Air Marshall Leigh-Mallory d'une part, et conduire l'opération MONIKA afin d'isoler le champ de bataille du débarquement en Normandie de tout renfort allemand, d'autre part. Or, si la vie secrète du Dr Robert FECAN dépendait étroitement des services secrets alliés, il n'en allait pas du tout de même pour son fils auteur des présentes, envers lequel les alliés étaient en réalité des débiteurs.

Si je n'avais pas existé, Elizabeth aurait été capturée avec ses données et les objectifs poursuivis par les alliés, le Docteur R. FECAN aurait été immanquablement capturé pour subir le supplice du dépeçage réservé par les nazis aux traitres (il s'agissait de découper au poignard des lambeaux de peaux de telle sorte que le supplice dure le plus longtemps possible en fouettant le supplicié parfois pendu à un croc de boucher s'il s'endort sous l'effet de la douleur). Et dans le contexte où Himmler venait de prendre le commandement de l'ABWEHR, toute la famille FECAN, ascendants compris, aurait été expédiée dans les camps de la mort et étiquetée par tatouage d'un ordre d'exécution quasi immédiat dès leur arrivée dans tout camp d'extermination.

Plus grave encore, une fois parvenu à comprendre la stratégie du débarquement allié au terme d'un funkspiel qu'ils avaient parfaitement rodé avec le réseau interallié (ou Armand d'origine polonaise), les allemands auraient tendu un veste piège aux alliés sur le site du débarquerment, un traquenard beaucoup plus tragique que le débarquement des canadiens à Dieppe du 19 août 1942. Que de Gaulle savait-il à ce propos? Et bien à peu près tout. A savoir qu'il connaissait le classement du Dr Robert FECAN alors qu'il dirigeait le gouvernement de la France. Il connaissait par Dominique PONCHARDIER le rôle que le fils avait joué le 2 avril 1944, et ce, d'autant plus que Dominique PONCHARDIER (son responsable du service d'ordre du RPR et son conseiller secret en matière de renseignement militaire) avait échangé dès le 3 avril 1944 des renseignements avec le réseau ALIBI de Chobières , lequel ne pouvait ignorer l'intervention, le 2 avril 1944, de l'ABWEHR au domicile amiénois du Dr Robert FECAN ayant radicalement interrompu les communications d'Elizabeth avec le MI6 et l'Etat Major d'Ike.

C'est bien en prenant en considération le fait que le fils était indemne de toute dépendance étrangère, à l'inverse de son père, qui, lui, avait cherché à éliminer son fils déclaré, auteur des présentes, que j'ai été classé par le seul Général de Gaulle à son niveau en contrepartie de la sauvegarde de mon père. Et l'on comprend maintenant aisément que les successeurs du Général de Gaulle et de G. Pompidou n'aient jamais pu accepter que de Gaulle ait en réalité exprimé la plus grande méfiance envers des hommes politiques censés le soutenir pour valider le fait que les clés de la dissuasion nucléaire de la France aient été confiées à l'auteur de ces lignes en le classant "secret défense de niveau 5", c'est à dire au niveau du Général. Un classement que la quasi totalité des successeurs de Gaulle et de G. POMPIDOU ont cherché à effacer avec les complicités les plus diverses à commencer par celle d'une fratrie dépourvue de tout scrupule et de sens de l'honneur comme on le verra par la suite.

Au demeurant, j'allais très vite comprendre qu'une telle promotion au niveau du secret pouvait équivaloir à une condamnation à mort dans un monde dépourvu de toute morale. C'est qu'en effet, le Palais de l'Elysée, dans lequel le Président de la République exerce son pouvoir, est comme tous les lieux de pouvoir, le lieu de tous les dangers, et ce, d'autant plus que les décisions secrètes qui y sont prises échappent à tout contrôle judiciaire et pénal, justement au nom du secret-défense qui est une protection tout à fait illusoire. Le régime de "secret défense" ne vaut pas plus, dans les Palais de la Vème République, que dans le "cabinet noir" de Louis XV avec son cortège de crimes en tous genres. Bref, quand un citoyen figure dans un dossier particulier qui est évoqué, il peut y perdre la vie même sans avoir commis la moindre faute répréhensible. Et dans mon cas, il est parfaitement démontrable qu'un passé n'ayant rien à voir avec mon vécu a été inventé afin de me faire perdre tout droit de citoyen, celui d'avoir été diminué par un empoisonnement au mercure, le tout à partir de dossiers entièrement faux, fabriqués pour servir de preuves, et des droits maquillés par des notaires assurés de leur impunité, à commencer par celui d'hériter.

Un suicide pour un acte non timbré!?...

Ceci n'est pas sans rappeler justement l'acte d'achat par R. BOULIN des terrains de Ramatuelle qui n'a jamais été timbré(Il existe une décision définitive de la Cour de Cassation à ce sujet tenue sous le boisseau!), alors que l'on sait que le flot des lettres de Boulin annonçant son suicide risque d'avoir été le fruit du travail d'un faussaire ce qui, alors, vaudrait au suicide de BOULIN la qualification d'assassinat pour raison d'Etat. Bref, il est insensé de faire croire que BOULIN se serait suicidé, après s'être massacré le visage, dans moins de 50 cm d'eau de l'étang des Rompus, alors que le véritable fautif de l'affaire des terrains de Ramatuelle est le notaire qui ne pouvait valablement faire enregistrer un acte de vente non timbré de ce fait non soumis à la publicité foncière.

Lors de sa dernière conférence de presse, quatre jours avant son suicide, j'ai d'ailleurs eu une conversation en a parte avec R. BOULIN, qui a pâli de peur et chancelé, quand je lui ai conseillé "de ne pas se départir des deux dossiers "FECAN", le mien et celui du Dr FECAN. Au risque d'en perdre la vie. Et qu'il vaudrait mieux pour sa sûreté qu'il me les confie..." Quatre jours plus tard, le ministre du Travail était "suicidé" et les dossiers "FECAN" avaient disparu, sans que j'ai pu déterminer si R. BOULIN avait fait état à ses tortionnaires de ma conversation avec lui. Or, tous les PV d'écoutes du Dr Robert FECAN, y compris ceux entretenus avec Claudine et Christine FECAN afin d'appuyer l'accréditation d'une folie inventée à l'origine par Chobières agent qualifié et maître manipulateur du MI5 pour servir de preuves, et s'appuyant elles-mêmes sur des infractions pénalement punissables, étaient entre les mains de Robert BOULIN, et pouvaient donc servir de preuves d'une activité de trahison nuisible à la sécurité de la France. Il fallait donc non seulement récupérer ces PV mais également exécuter Robert BOULIN puisque le dossier des procédures pénales lancées contre R. FECAN défendu par Robert BADINTER, avait justement pour origine R. BOULIN. Depuis lors, tous les locataires de l'Elysée qui se sont succédés en couvrant l'assassinat de R. BOULIN sont les prisonniers de cette manipulation au travers du "cabinet noir".

Mais des tentatives multiples d'assassinat sur ma personne ont bel et bien été organisées. Si elles ont échoué, c'est tout simplement parce que la préparation de ma mort y avait été bâclée.... et que les spadassins mandatés n'avaient pas nécessairement bonne conscience dès lors qu'il s'agissait de tuer quelqu'un qu'ils savaient innocent. Mais il n'en est pas allé de même pour Robert BOULIN qui détenait toutes les preuves concernant mon classement et les risques que je courrais dans un environnement mortifère... Comme le dit l'adage, "il faut vraiment une très longue cuillère pour dîner avec le diable!..."

Une révision de condamnations tombée dans les limbes

A un moment de ma vie où l'enquête que j'ai menée m'a permis d'établir que j'avais été victime d'un empoisonnement aérien au mercure le 7 juillet 1985, situation validée par le centre antipoison de BORDEAUX, j'aurai pu espérer que ma situation précaire aurait pu être reconnue par l'Elysée que j'avais saisi après avoir reçu une lettre du secrétaire général du ministère de la Justice(voir ci-contre). Mais l'illusion dura peu de temps, dès l'élection de M. François Hollande, il était clair que l'enquête annoncée était tombée dans les limbes de l'oubli. Ces réflexions sont indispensables pour déterminer comment l'Elysée a été manipulé!

Une fois cette parenthèse fermée, revenons aux évènements postérieures au 2 novembre 1960. A partir de cette date, je ne revis plus mon père avant le mois de Juillet 1961. Il ne revenait à son domicile que pour assurer ses consultations dans l’après-midi (alors que j’étais absent) et la nuit pour consulter les demandes de visites de clients que j'avais consignées sur un registre pendant son absence et dans la soirée. En quelques mois, et dès le début de l'année 1961, il congédia tout le personnel de service, d’abord les femmes de ménages, puis les bonnes à tout faire. Laissant la maison à l'abandon dans un état répugnant (il n'y avait même plus d'aspirateur ni de lave linge et seul fonctionnait encore le four à gaz avec un seul feu sur trois pour cuire ou faire réchauffer les repas au risque de se faire sauter dans l'insécurité la plus totale).

Au mois de juin 1961, et sans me prévenir, il est passé chez tous les marchands du quartier pour leur interdire de servir sans paiement toute personne résidant à son domicile (dont bien sûr moi-même et son épouse à laquelle il avait intimé l’ordre de ne pas revenir à son domicile). Une seule personne refusa de se plier à ses exigences : Madame Fairwather mère, qui me demanda de passer chaque jour après 18 heures pour me donner du pain invendu. A plusieurs reprises, je vis des larmes dans ses yeux quand elle ajoutait un croissant ou un petit pain au chocolat à la baguette invendu qu’elle me donnait.

...Plus surveillé par la Police qu’un dangereux malfrat

… J’ai tout de même réussi à survivre et à passer mes examens avec succès jusqu’à la fin du mois de juin 1961. Mais pour finaliser les concours auxquels je me présentais, il me fallait me rendre à Lille. Je passais donc le vendredi 30 juin 1961 à la gare du nord pour louer une place à destination de Lille lorsque le guichetier me demanda de me rendre au bureau du chef de gare qui m’attendait.

Ce dernier me reçut avec un respect auquel je n’étais pas habitué et m’a indiqué sans ambages qu’il était indigné par le comportement de mon père, ce dernier entendant me faire enfermer à Dury à partir des 3 ou 4 juillet 1961, c’est-à-dire avant mes 21 ans. C’est à cette fin que le Commissaire de police principal d’Amiens, agent du MI5, lui avait intimé l'ordre de me surveiller comme le plus dangereux des malfrats. Il m’a précisé que, depuis une semaine, une voiture de police stationnait tous les jours en permanence devant la gare du Nord spécialement pour me surveiller et m’arrêter au besoin et que le Commissaire de Police (dont il ne pouvait pas ignorer qu’il avait été le chef du réseau ALIBI et donc le supérieur d’Elizabeth S… en contact avec le réseau Zéro-France) lui avait enjoint de l’informer de tous mes déplacements par la SNCF. En foi de quoi, il ajouta qu’il s’interdisait de l’informer de la réservation de mon billet pour Lille. Il a précisé que je ne devais pas prendre le train à la gare d’Amiens mais à la gare Longueau qui n’était pas surveillée.

Puis, il a ajouté, avant de prendre congé, que je devais bien me douter pourquoi il intervenait pour me prévenir. Ce sous-entendu me suggérait qu’il était possible que je sois au beau milieu d’un nid de frelons à vocation d’espionnage, si le Général de Gaulle avait pris ma lettre de 1956 en considération. J’aurai l’occasion de vérifier assez vite l’exactitude de cette déduction de la logique d'implication. Toutes les précisions qui m'étaient délivrées ne pouvaient résulter que d'une surveillance très étroite du Dr Robert FECAN et du commissaire de police Chobières.

Bien sûr, j’avais préparé ma valise le jour même, sans trop m'en faire car en raison du beau temps exceptionnel qui régnait sur la France, j'étais certain que mon père qui n'était pas de garde, tant pour lui même que pour son frère jumeau qu'il remplaçait jusqu'au 18 juillet inclu, était probablement sur la cote d'Opale. En revanche, j’ai revu au 105 chaussée St Pierre, le dimanche 2 juillet 1961 vers onze heures, le même chef de gare, accompagné d’un autre homme plus âgé. Il me gronda d’être encore présent et seul au domicile de mon père.

A la question que je lui posais de savoir qui pouvait m’accueillir hors la vue de la police, le chef de gare me répondit "voyez le bedeau de Notre-Dame, il est prévenu". Il m’apparut qu’il était de bonne guerre de quitter la maison dans ces conditions, très précisément à 18 heures de telle sorte que toutes les demandes de rendez-vous des clients figurent en bonne place et qu’il apparaisse ainsi que mon père était bien absent de son domicile au moment où je lui annonçais mon départ sur le livre de visites pour causes d’examens complémentaires à Lille. Ce raisonnement se révèlera exact et le livre de visites et demandes de rendez-vous ne sera pas fourni à l’appui de sa plainte accompagnant la demande de mon internement en service fermé puisque la demande d'internement ne pouvait qu'être fondée sur ma présence alors que j'annonçais mon absence. Cette simple mesure se révèlera efficace en plaçant le Dr Robert FECAN en porte à faux...

Toutefois, je ne trouvais pas le bedeau de la cathédrale dont les portes étaient fermées le dimanche après 18 heures et je dus prendre une chambre dans un hôtel borgne du quartier de la gare, où je n’eus pas trop de peine à dissimuler mon identité en payant en liquide. A dix heures précises, le lendemain 3 juillet, après avoir accompli un grand détour m'évitant de passer devant l'esplanade de la gare du Nord, je me présentais au bedeau de la cathédrale qui, sans mot dire, me fit descendre dans une pièce voisine de la crypte. Et me montra un banc en pierre nanti de couvertures où il me pria de m’installer. Il m’annonça que le curé de la paroisse dînerait avec moi le soir même et que personne ne viendrait m’inquiéter là où j’étais, sous la protection de l’évêché. J'avais pris la précaution de me munir d'un sandwich. Je profitais de ce répit pour me plonger dans les révisions de mon programme de physique et de chimie.

J’allais rester deux jours dans cet abri et je pris notamment un repas frugal avec le curé de Notre-Dame, qui me livra beaucoup d’informations. A savoir que le clergé amiénois était parfaitement au courant de ce qui s’était passé le 2 avril 1944 et qu’il en attribuait le miracle au fait que j’avais été consacré par le curé de Niort à la vierge Marie lors de mon baptême, le 7 juillet 1940 à Niort tant celui-ci était inquiet de ma situation. Je me demandais alors pourquoi le chef de gare d’Amiens, qui devait faire partie du réseau œuvrant au plan de destruction du réseau ferré décidé par Eisenhower était en liaison avec le réseau amiénois des prêtres catholiques résistants (dont faisaient partie le chanoine Duhamel, l’abbé Dentin et le curé de Saint-Pierre). Quelqu’un avait donc établi une liaison et je me demandais si ce n’était pas la lettre que j’avais adressée au mois de mai à Colombey les deux Eglises qui déclenchait cette aide aussi mystérieuse.

Quelques semaines plus tard, je vérifierai que c’était bien le cas. En raison des complots qui régnaient dans l’armée au sujet de la dissuasion nucléaire de la France, il m’a paru plausible que, d’ores et déjà, le Dr Robert FECAN, voir sa famille, puisse se trouver sur écoutes téléphoniques. En tout état de cause je devais agir pour faire croire que je n’étais au courant de rien.

Sur le fond, l’ecclésiastique insista sur le fait que mon internement (il avait manifestement une parfaite connaissance du dossier de demande de mon internement en service fermé) était demandé en tant que mineur. Selon lui, j’avais donc tout intérêt à réussir mes examens alors que, dans quatre jours j’étais majeur et que ce dossier d’internement n’aurait plus alors le moindre fondement. Il avait parfaitement raison sur ce point…

La véracité de ces renseignements me fit ultérieurement comprendre qu’en réalité de Gaulle avait chargé Robert BOULIN, l’homme de ses secrets, d’assurer le contrôle de la véracité de mon courrier de mai 1956 et de veiller à ce que j’en garde le secret. Robert Boulin, comme ancien membre du réseau "Navarre", était en effet un spécialiste de la Résistance et de « l’action » et, comme le réseau Navarre était quasiment un sous-réseau du réseau « Alliance », il avait dû se faire assister par Marie-Madeleine FOURCADE, elle-même au contact avec de multiples réseaux et en particulier très bien introduite dans les milieux très fermés des résistants ecclésiastiques. Après exploitation des renseignements sur écoutes téléphoniques, Robert BOULIN, alors secrétaire d'Etat à la Santé, sera d'ailleurs chargé de poursuivre pénalement le Docteur FECAN lequel sera défendu par le futur Garde des Sceaux et avocat, Robert BADINTER.

Pour un internement au seul bénéfice des comploteurs…

A mon retour de Lille, le 8 juillet 1961 en fin d’après-midi, et précédé de mes succès aux concours et examens rapportés par le "Courrier picard",je me rendis au domicile de mon père en espérant négocier la suite de mes études. Je trouvais mon père et mon grand-père, qui faisaient le ménage, et me demandèrent de quitter sur le champ la maison du 105, chaussée Saint-Pierre.

Alors que je reprenais ma valise pour partir, mon père m’asséna un violent coup de poing sur le nez, et je tombais à la renverse sur le sol. Encore une pulsion qui ressemblait étrangement à celle du 2ovembre 1960. Je dus procéder à l’immobilisation au sol de mon assaillant de père pour me relever. Quelques secondes plus tard, il se précipita sur moi un couteau de cuisine à la main tandis que mon grand-père me tenait les bras par derrière dont je me dégageais prestement. Cela c’était une très mauvaise idée. Alors que mon grand-père m’avait relâché pour empoigner une chaise de cuisine qu’il levait au-dessus de ma tête pour m’assommer, il ne me fallut qu’une fraction de seconde pour désarmer mon père dont le pouce qui ne voulait pas desserrer le couteau sera froissé, cependant que mon grand-père abattait la chaise de cuisine, qui volait en éclat au contact de son propre fils. Sous traitement anti coagulant, mon père allait de ce fait être porteur de notables contusions et vastes ecchymoses dont il fit prendre force photographies afin de m’accuser de l’avoir frappé sauvagement. Tels sont les faits.

Je profitais de l’effet de surprise pour m’enfuir avec ma valise, me réfugiait chez le libraire Léveillard encore ouvert, et que mon père craignait parce que, incarcéré à la citadelle d’Amiens comme collaborateur notoire, il avait assisté le 26 septembre 1944 à la scène de sa libération, sur un ordre de mission de Général Eisenhower (Depuis le 1er septembre 1944, le général Eisenhower avait seul le pouvoir d'ordonner une telle mission) par un détachement des Royal tanks conduit par un major anglais dont la description qu'il m'avait faite ressemblait trait pour trait à l'officier traitant d’Elizabeth S... Le libraire appela un médecin, un constat de coups et blessures fut établi et je fus admis en observation au nouvel hôpital.

Le lendemain, mon père vint à l’hôpital avec ma sœur Christine, me fit des excuses et me demanda d’aller vivre à Neuilly-sur-Seine, dont l’appartement 3 pièces surpeuplé était en réalité impropre à m’héberger. Il me restait pourtant trois choses à accomplir à Amiens: récupérer le dossier qui était caché dans la chambre Nord-Ouest du domicile de mon père et les quelques vêtements et sous-vêtements indispensables me permettant de me vêtir avant de trouver du travail et enfin demander le plus vite possible la réexpédition de mon courrier. Je pris également la précaution de m’adresser en poste restante à Amiens un double de mon dossier. Mais les traumatismes crâniens dont j’étais affligé me faisaient, par moment et surtout la nuit, souffrir de maux de tête.

Un procès-verbal de police truqué et sans date…
s’appuyant sur un faux certificat médical

Ce fut donc le dimanche 17 juillet que ma sœur Christine me conduisit à Amiens aux fins de reprendre mes hardes et, bien sûr, de vérifier l’état de ma cache dans la chambre nord-ouest de la maison du 105 chaussée Saint-Pierre. La cache était vide ce qui signifiait que son contenu était connu de mon père et du commissaire principal de police d’Amiens qui travaillait pour le MI5. Vers 18 heures, je demandais à ma sœur à repartir, cette dernière refusa au prétexte qu’elle devait voir son père pour lui demander de l’argent. En fait, ce fut une escouade de quatre policiers qui arrivèrent en tube vers 21 heures pour m’emmener au poste central de police où l’on me fit attendre. Ma sœur Christine m’avait fait tomber dans un guet-apens contre de l’argent et je dus attendre 23 heures pour voir arriver de concert le Commissaire de police Chobières et mon père, sans son frère jumeau et surtout sans son père, qui était mon principal accusateur.

Robert FÉCAN se déshabilla dans le Commissariat de police pour montrer théâtralement ses ecchymoses qui, pour l’essentiel, avaient été provoquées par le choc de la chaise de cuisine qui avait éclaté sur lui le 8 juillet 1961 et non auparavant, que mon grand-père me destinait à mon crâne. Puis, le Commissaire de police me demanda de signer un procès-verbal de police ou, en alternative, d’être hospitalisé sur le champ en service fermé à Dury. Il m'a présenté un PV en liasse agraphée d’une dizaine de feuillets qui n’étaient pas datés (donc préparé à l'avance) et me demandait purement et simplement de signer la dernière page d'un PV daté en blanc, sans lire celles qui précédaient, en reconnaissant ainsi in fine que j’aurais attaqué mon père au couteau sous l’emprise de l’héroïne, alors que, si j’étais encore effectivement mineur avant le 7 juillet 1961. Or, de notoriété publique, je passais mes examens à Lille au moment des faits incriminés, et sous la garde de l'évêché les 3 et 4 juillet 1961, et au surplus, je suis mortellement allergique aux dérivés du pavot, comme je l'apprendrai plus tard. Il est certain que si j'avais lu ce PV censé être contradictoire, mes accusateurs auraient été tellement embarrassés qu'ils risquaient des poursuites pénales, Commissaire compris.

Le dilemme fut rapidement solutionné. Je ne doutais pas que si je signais, et compte tenu du fait que le commissaire devait avoir connaissance du contenu de ma cache, je tomberai de De Charybde en Scylla et je gagnerai un lavage de cerveau. Et il était très clair que le Commissaire de Police espion cherchait à valider frauduleusement le certificat d'internement en service fermé du Dr André FÉCAN en lui donnant effet rétroactif.

Parfaitement renseigné sur mes droits par le curé de Notre-Dame, je refusais de signer et fus conduit sur le champ en Tube Citroën de police, toute sirène hurlante, à l’hôpital de Dury où j’arrivais vers minuit et, comme je le prévoyais en service fermé. Je fus fouillé de telle sorte qu'on me retira mes papiers et mon portefeuille. Sur ce point, la présence des Dr FÉCAN Robert et André ivres lors de ma livraison à l'hôpital Pinel est une pure invention, qui est d'ailleurs contredite par les investigations conduites dans la procédure de divorce de mes parents devant la Cour d'Appel d'Amiens. Je refusais tout médicament à l’exception d’un cachet d’aspirine et finis ma nuit sans problème. Je notais le lendemain matin que j’avais bien été conduit en service fermé puisque toutes les portes et coursives du service où je me trouvais étaient bien fermées à clés. Je n'étais pas hospitalisé en service ouvert et rien de correspondait au bulletin de séjour qui m'a été délivré.

Je ne rencontrais le Dr Margat que le lundi après-midi pour lui expliquer que j’étais quelque peu étonné du comportement de mon père lui expliquant que celui-ci avait donné son accord pour que je poursuive des études scientifiques à Paris après avoir passé avec succès mes examens oraux à Lille comme le « Courrier picard » l’avait signalé dans sa première édition du samedi 8 juillet 1961, jour où je suis revenu dans l’après midi à AMIENS avec la qualité civil de majeur. Au demeurant, j’avais pu lire dans le « Courrier picard » les résultats de mes examens, qui relevaient donc de la notorité publique.

Le médecin chef eut le souffle coupé, ce qui me confirmait que le Docteur Robert FECAN utilisait bien le faux certificat médical de son frère demandant mon internement en service fermé alors qu’il était absent d’Amiens et remplacé par lui même depuis trois semaines (après annonces publiées dans le Courrier Picard) et que, par conséquent, il n’avait pu à aucun moment me rencontrer, avant la délivrance de sa demande d'internement en service fermé, ce qui ne pouvait avoir aucune autre qualification pénale que celle d’un faux certificat pénalement répréhensible dans une affaire d'internement arbitraire. Avec obligation pour le Conseil de l'Ordre des médecins de radier le Dr André FECAN.

A la question des médications qu'il voulait me prescrire, je lui répondis que je souffrais seulement de temps à autres de maux de tête consécutifs aux coups que j’avais reçus de mon père lesquels avaient entraîné ma mise en observation à l’hôpital Philippe PINEL et que je pensais que ces maux disparaîtraient dès que les conséquences des traumatismes seraient effacés.

Pour justement les faire disparaître rapidement, je lui demandais, d’une part, de pouvoir m’entraîner à la course de fond tous les matins autour de la pelouse centrale, et d’autre part, de me rendre à Lille afin de mettre de l’ordre dans mon dossier universitaire qui requerrait la mise à jour de mon adresse, qui ne pouvait plus être celle du 105 chaussée Saint-Pierre. Pas banal de voir un fou cultiver son corps tous les matins... en faisant au moins dix fois le tour de la pelouse centrale de l'hôpital de Dury...

La tentative d'internement de juillet 1961
constatée par la justice

Cela me fut accordé et le vendredi 21 juillet 1961, après restitution à 8 heures du matin de mon portefeuille, je me rendis à Lille pour effectuer mon changement de domiciliation, puis je revins vers 14 heures sur Amiens où je me rendis à la Poste centrale. J'y levais mon courrier en poste restante et récupérait, outre le dossier que je m’étais expédié en poste restante, un courrier de ma mère qui, en villégiature dans l’appartement de Sainte-Maxime, m’annonçait que mon oncle André Fécan était passé la voir le lundi 18 juillet pour lui dire que j’avais fait des bêtises…. J'appris par la même occasion du contrôleur principal chargé de la distribution du courrier, que, depuis le mois d'octobre 1944, mon père avait ordonné au service de distribution qu'on lui remette directement tout courrier à mon nom quel qu'il soit, et que de nombreuses lettres venant d'Angleterre, qui m'étaient destinées, ne m'avaient jamais été communiquées!...

Je fis donc parvenir un télégramme à ma mère qui séjournait à Sainte-Maxime pour lui expliquer que, sur faux témoignage de Maurice Fécan, et sur un faux certificat d'internement d’André FÉCAN, j’avais été mis en service fermé à DURY et après copie du tout j’expédiais une lettre recommandée au Préfet de la Somme lui communiquant copie de mon télégramme et copie de la lettre de ma mère, qui démontrait qu’André Fécan se trouvait sur la côte d’Azur alors qu’il demandait mon internement en service fermé à Dury sur un faux certificat médical. Puis, je pris un rendez-vous pour suivre un stage rémunéré en entreprise à Paris, et je rentrais paisiblement à pied à l’hôpital Pinel de Dury, juste à 18 heures. Je passais encore paisiblement mon samedi et mon dimanche à l'hôpital Philippe Pinel, attendant la suite de mes initiatives épistolaires.

... aux fins d'un internement arbitraire en service fermé

Le lundi suivant, ma mère était dans le cabinet du Dr Margat. Puis, le préfet ès qualité appela le Dr Marfgat personnellement à 11 heures. Le Préfet criait si fort que j'entendis ses propos. Il a précisé au Dr Margat que si j’étais encore à midi dans son service, il viendrait lui-même me chercher dès 14 heures avec un arrêté préfectoral le destituant sur le champ de son poste de chef du service fermé des aliénés de l’hôpital Pinel. Le Dr Margat avait un air complètement ahuri et penaud, cependant que je pris l'air de me trouver ailleurs.

À midi, j'avais quitté l'hôpital dans la voiture de ma mère et, ne pouvant habiter Neuilly-sur-Seine déjà "surbooké", je me retrouvais à titre provisoire dans une chambre de la Cité universitaire, avec un pécule de 200 Francs. Heureusement, je rentrai la semaine suivante dans une entreprise, qui s'est révélée travailler pour la Défense nationale. Je me rendis compte très vite, qu'effectivement tous les méandres et tribulations que j'avais suivis ne devaient rien au hasard...!

Comme par hasard, je travaillais tout le week-end end du 15 août 1961, jour de l’Assomption, sur un dossier secret, dont je refis tous les calculs, qui s’avérait être le projet de stratégie de dissuasion nucléaire de la France et qui devait être soumis au prochain conseil de défense. Une ligne directe avait même été tirée avec Colombey. Comme le document était conforme à mon courrier du 19 mai 1956 au Général de Gaulle, je m’abstins de m'en servir d’autant plus que je me doutais, qu’après avoir fait main basse sur mes archives dans la cache d’Elizabeth S…, je devais être très surveillé. Effectivement, ma sœur Christine était apparue le vendredi de ce week-end. Mais je m’arrangeais pour que le Général connaisse oralement mon avis, un principe au demeurant édicté par la résistance gaulliste. J’appris finalement, le lundi 21 août 1961, que j’avais été classé « secret défense niveau 5 », c’est-à-dire le même niveau que celui du général de Gaulle sur l'ordre de ce dernier. En effet, seul le chef de l’Etat peut désigner une personne "secret défense" à son niveau.

Quant à l'exploitation des concours que j'avais passés qui auraient dû me conduire à Lille, je dus y renoncer. En effet, le général Cogny, avait été nommé commandant de la deuxième région militaire. Or, il comptait parmi ses correspondants, le Docteur Robert Fécan dont l'entregent auprès d’Allen Dulles, Directeur de la CIA, et le passage à la Maison Blanche d’Eisenhower, avaient grandement facilité l'équipement de l'Armée française en Indochine, aussi bien pour équiper le contingent dirigé par le général Leclerc que le point d'appui de Diên Biên Phu. Cela me sera confirmé par la suite lors de l'envoi de ma feuille d'appel détourné à AMIENS. Ce que je comprend moins bien, c'est pourquoi l'Alsacien, chef du 2ème bureau à Haïphong et spécialiste des traffics d'armes, faisait à Amiens en 1956 afin d'enquêter à titre probablement personnel sur le Docteur Fécan. Comme l'Alsacien était gaulliste, j'ai demandé à de Gaulle d'arrêter son bras vengeur... ce qui fut fait (sous le contrôle vraisemblable de Robert BOULIN).

François Mitterrand était-il informé de l’opposition de l’armée à la stratégie de dissuasion nucléaire mise en place par de Gaulle? Cela est tout à fait logique et vraisemblable puisque son frère cadet, Jacques Mitterrand, commanda la force de frappe aérienne, puis l’état-major de l’armée de l’Air, sans jamais connaître la méthodologie déterminant les cibles déterminés par la stratégie de dissuasion nucléaire arrêtée par de GAULLE. C’est sans doute la raison qui conduisit F. Mitterrand à abandonner le dispositif mis en place par de Gaulle comme il en avait parfaitement le pouvoir, sauf qu'il a fait croire le contraire. En revanche, l’abandon de la stratégie de Gaulle, empreinte de l’expérience à l’issue tragique des erreurs de l’État-major général français commises en 1939 et 1940, constituait un risque majeur qui ne manqua pas de me préoccuper. De Gaulle voulait avant tout que l'Elysée ne soit placé sous l'influence des Etats-majors.

Dès la fin du mois d'août, mon père changea son fusil d'épaule et déclara qu'il me verserait chaque mois 500F pour ce faire. Cette promesse a duré exactement deux mois! Dès le mois de novembre, je lui renvoyais le chèque de 400 F au lieu de 500F qu'il m'avait adressé tardivement vers le 13 novembre au motif qu'il n'avait plus d'argent. Pourtant, il dépensera 15.000 F, soit 30 fois plus, pour me faire attaquer dans la rue par un ancien jockey alcoolique qui faisait fonction de concierge de mon immeuble, ainsi que ce dernier s'en vantera dans un des troquets de la rue Blanche où il cultivait son éthylisme...! Je ne doutais pas que ma soeur Christine avait communiqué mon adresse à son père.

Je devins donc étudiant salarié. Je travaillais en soirée ou de nuit, et j'allais en fac le jour. Je m'intéressais particulièrement aux algèbres logiques dont j'appris le maniement pratique notamment dans le cadre d'un DEST de calcul automatique qui, hélas pour moi, sera supprimé l'année suivante. Or, j'ai été victime juste au moment des examens de ce diplôme, d'une septicémie... au colibacille, qui sanctionnait un état de fatigue profonde et dont je mis plusieurs mois à me remettre. Ma soeur Christine prétendant qu'elle n'avait pas d'argent à me rendre alors que je lui avais avancé 500 F, pour l'achat d'un Whippet offert à S. GIRAUDEAU, et qu'elle touchait en mes lieux et places 400 Francs par moi,qui n'avait même plus de quoi payer les analyses médicales et acheter les médicaments qui m'avaient été prescrits. Je dus négocier avec un pharmacien un paiement échelonné des prescriptions.

Au total, mes études supérieures se terminèrent en fiasco, et ayant déménagé, j'adressais au centre de recrutement de Valenciennes un courrier recommandé lui demandant de m'adresser ma feuille d'appel sous les drapeaux à l'adresse où je résidais. Ce n'est nullement un hasard si ladite feuille d'appel fut livrée à Amiens au domicile de mon père où je n'habitais plus depuis le mois de juillet 1961 au su dudit service. Je fus donc déclaré déserteur. Les gendarmes n'eurent pas de peine à me retrouver à l'adresse que j'avais indiquée dans mon courrier recommandé expédié au bureau de recrutement de Valenciennes dont ils m'en délestèrent en même temps qu'ils me délivrèrent ma feuille d'appel au 405ème Régiment d'artillerie anti aérienne d'Hyères. J'y fis l'objet de mesures disciplinaires multiples jusqu'à ce que le Conseiller militaire du général de Gaulle débarque le 15 août 1964 à 15 heures pour prendre de mes nouvelles, juste au moment où je participais à un safari aux rats (2 morts) dans les geôles du régiment. La seule chose dont je suis sûr, c'est qu'il a révélé au colonel commandant le Régiment que j'étais classé "secret défense" au plus haut niveau.

La feuille d'appel délivrée le 14 janvier 1964 par la gendarmerie.
En cliquant dessus, apparaitra le dossier de mon livret militaire,subtilisé dans
un coffre-fort loué à mon nom dans l'Agence de la Société générale de Bergerac.
Un détail plutôt surprenant? Non?
En fait, ce livret prouve qu'entre 1956 et 1958, j'ai été en contact avec "l'Alsacien"!
Après quoi, mon service militaire se déroula plus normalement et je fus libéré au mois d'août 1965 tout en constatant que tous mes dossiers personnels avaient disparu. Je ne m'inquiétais pas outre mesure puisque j'avais confié le dossier complet de mon internement à ma mère qui s'en servit et aurait du me le rendre après usage, alors qu'il ne me fut jamais restitué, pour avoir été détruit par son mari. Mais le double de ce dossier figurait entre les mains du Préfet de la Somme. Je trouvais du travail assez facilement et, au début de l'année 1966, je fus convoqué pour deux embauches sérieuses possibles. La première concernait un poste de rédacteur au "Moniteur des Travaux publics et du Bâtiment" et la seconde concernait le recrutement d'un spécialiste capable de détecter les pannes sur les systèmes électroniques embarquées sur la fusée "Diamant".

Je me rendais aux deux premières convocations où je fus sélectionné. S'agissant de la détection des pannes, je devais me rendre dans les locaux de la Télémécanique électrique en Seine-Saint-Denis le premier lundi de janvier 1966, un jour de grève des autobus de la RATP, qui entraina un retard de deux heures sur l'heure de ma convocation. Je fus reçu par le chef de projet qui me déclara qu'il y a avait peu de chances que je trouve les erreurs des circuits électroniques qu'il me soumettait en moins de deux heures. Il me soumit les problèmes que je devais solutionner à 10 h 10. A 10 h 20 j'avais solutionné les deux problèmes grâce à mes connaissances en algèbres logiques.

Très surpris, le chef de projet constata que mon diagnostic sur les deux modèles qui m'étaient proposés était exact. Il me demanda, entre autres, de développer mon analyse ce qui me prit plusieurs tableaux dont il prit une copie complète. Il me demanda d'illustrer les critères et règles permettant de concevoir et mettre en place un système continu de contrôle des équipements électroniques embarqués en concevant la logique d'un mécanisme capable de substituer un circuit de remplacement à un circuit défaillant. Ainsi, il possédait tous les éléments indispensables à la détection du fonctionnement ou non des circuits électroniques par les algèbres logiques. En effet, comme je pratiquais les 7 algèbres logiques et les règles applicables pour passer d'un algèbre à l'autre, j'avais une tendance certaine à simplifier les calculs...Nous nous quittâmes vers 13h 15 et je mis plusieurs heures pour rentrer chez moi. A pied.

Je fus donc sélectionné et pris d'ailleurs connaissance huit jours plus tard du dossier de renseignements secrets me concernant, qui relevait chez moi une tendance certaine et apparente à la distraction dès l'école primaire. Et pour cause! Finalement, je déclinais l'offre d'embauche en raison de contraintes de secret défense, qui se cumuleraient avec celles qui m'affligeaient déjà depuis 5 ans, en tombant, entre autres, sous les fourches caudines de l’État-major général. Avec à la clé, le pénible souvenir de mon internement à DURY.

Un second dossier secret instruit, sur ordre de de Gaulle
par le premier juge d’instruction du TGI de Paris
Jean BONNEFOUS, disparu lui aussi

Au demeurant, j'eus rapidement la preuve que mes craintes étaient fondées. A la mi-septembre 1966, j'appris que le dossier secret, censé me protéger, dans les archives du PC Jupiter, avait disparu. Cette information était complétée par une prescription formelle de ne pas me rendre au domicile de mon père et de me méfier de ma famille. On ne fait pas disparaître, par hasard ou par inadvertance, un pareil dossier expliquant pourquoi le général de Gaulle m’avait classé secret défense à son niveau, le niveau V. Et celui qui avait le plus intérêt à la disparition de ce dossier, n'était ni plus, ni moins que le Dr Robert Fécan et les généraux comploteurs qui souhaitaient garder la haute main sur la stratégie de dissuasion nucléaire de la France afin d’assujettir celle-ci entre autres à l’OTAN.

On me déclara que tous les suspects, parmi lesquels figurait Jacques Chaban-Delmas, étaient surveillés et placés sur écoute. Au même moment, les services "action" de l'Armée, qui avaient attendu que l'instruction des dossiers des généraux rebelles, confiée au Premier Juge d'Instruction du TGI de Paris, Jean BONNEFOUS, soit achevée, exercèrent leurs talents en les détruisant par le feu, au sein des combles du Palais de Justice de Paris, Or, je fréquentais à cette époque sa fille ainée, Joëlle. Coïncidence ou pas, le général de Gaulle fit délivrer vers le 20 septembre 1966 à Jean Bonnefous, magistrat habilité au secret défense, une lettre de mission le chargeant de rétablir mon dossier disparu, toute affaire cessante, pendant que l'on floquait à l'amiante son bureau et les combles du Palais de Justice de Paris.

Le Premier juge d'instruction du TGI de Paris, habilité au secret défense, Jean Bonnefous s'acquitta de cette tâche dès la dernière semaine de septembre et la première semaine d'octobre 1966, au su de sa fille Joëlle et de son épouse, en se rendant à Amiens puis à Rouen. (Son passage y a laissé des traces). Il a terminé son enquête le samedi 8 octobre 1966 en tête à tête avec Suzanne Giraudeau, en son domicile de Neuilly, afin d'être éclairé sur ce qui s'était passé en 1961. Je sais, puisqu'il m'a interrogé précisément à ce sujet, qu'il avait eu connaissance de mes préconisations techniques démontrées au début du mois de janvier 1966 au polytechnicien chef de projet de la fusée Diamant quant au contrôle au moyen des algèbres logiques du matériel électronique embarqué. Je me souviens au demeurant que j'avais fait part à Jean BONNEFOUS de mes plus grandes craintes et mises en garde quant au risque d’exposition aérienne aux fibres d’amiante pendant les travaux de reconstitution des dossiers d'instruction des généraux détruits. Jean Bonnefous est décédé en 1983 après de multiples opérations d'ablation aux poumons, non sans m'avoir rappelé quelques semaines avant sa mort, alors que je lui avais rendu visite dans la clinique où il avait subi sa dernière opération, qu'hélas si j'avais eu raison quant aux conséquences de son exposition à l’amiante, de son côté, il avait également raison de m’avoir mis en garde contre l'inconstance de sa fille, qui, a-t-il ajouté, "n'attend que ma mort pour demander le divorce".

. Ce second dossier secret contrôlé par le juge Jean Bonnefous a disparu lui aussi après le départ du Général de Gaulle de l'Elysée et le décès de Georges POMPIDOU comme on le verra ultérieurement. Mais le résultat le plus clair des investigations de Jean Bonnefous fut qu'il ne s'opposa plus au mariage de sa fille.

C’est par le biais des écoutes téléphoniques du Dr Robert FECAN que fût interceptée et enregistrée une communication téléphonique avec la mairie de Bordeaux à une manifestation prévue le 6 mai 1967 en vue de l’inauguration du Grand pont de Bordeaux. Elle avait pour objet de m’attirer dans un piège, disons féminin, permettant de m’assassiner par une overdose d’héroïne, ce dont il était déjà question dans le PV en blanc que j’avais refusé de signer le 17 juillet 1961. Il y avait donc bien un lien constant entre cette manoeuvre du Dr Robert Fécan et son mauvais génie du MI5.

Effectivement, je fus bizarrement invité personnellement à la manifestation de l’inauguration du Grand pont de Bordeaux mais en étant particulièrement encadré sur l’ordre de l’Elysée. C’est ainsi que la veille, il me fut donné rendez-vous à la gare Austerlitz, dix minutes avant le départ du train. Un wagon de première non signalé avait été accroché à la queue du train, qui était réservé à ma seule personne. Quatre hommes étaient chargés de ma sécurité : deux fonctionnaires de la DST, armés de pistolets automatiques de gros calibre chargés de ma protection rapprochée et deux autres hommes encore plus lourdement armés puisque équipés, entre autres, de pistolets mitrailleurs UZI, qui prirent place devant chaque portière aux extrémités du wagon réservé. L’un d’entre eux était ni plus ni moins que Dominique Ponchardier, l’homme en charge du service d’ordre du mouvement gaulliste et celui là même qui m’avait donné la maquette d’un bombardier B17 au début du mois de janvier 1944!... Le Dr Robert Fécan se chargea lui-même de faire disparaitre cette maquette avec tous les cadeaux qu’Elizabeth avait pu me faire parvenir (meccano, train Hornby...). Une forme d'aveu! En définitive, l'invitation à Bordeaux se révéla conforme à celle révélée par l'écoute téléphonique. Elle me fut bien délivrée et fut, bien sûr, refusée... Le PV d'écoute téléphonique, qui sera communiqué à Robert BOULIN, était ainsi formellement validé. Et ce dernier, alors secrétaire d'Etat à la Santé va déposer plainte contre le DR R. FECAN en s'appuyant sur les PV d'écoutes téléphoniques. Ce qui, sans qu'il le sache, va constituer une menace pour le "cabinet noir" de l'Elysée censé ne pas exister!

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Peu après l'équipée de Bordeaux que le cabinet du Général de Gaulle m’a offert la possibilité de me faire élire député du 12 ème arrondissement de Paris, offre que j’ai déclinée. Et pour cause, j’avais pris langue avec plusieurs socialistes mendésistes dont Pierre Bérégovoy. Alors que l’enseignement des logiques des systèmes avait été supprimé dans l’enseignement supérieur par G Pompidou, en 1963, j'avais demandé à participer à une commission du parti socialiste, fonctionnant auprès du Sénat, chargée d’étudier divers projets de loi dans le domaine économique et social. Avec le soutien de Pierre Bérégovoy, j’inventais le congé de formation des salariés qui, à mes yeux, devait permettre aux techniciens de tout grade et autres salariés de s’adapter aux chocs technologiques que ne manqueraient pas de déclencher l’intrusion de la logique des systèmes dans les processus de production, de leur conduite, de leur maintenance et de leur contrôle. Et le premier homme politique qui me faisait surveiller, non sans une certaine appréhension, fut justement le Général de Gaulle…, puis son successeur G. Pompidou, qui furent conquis d’office à l’idée de cette réforme et de celle de la formation professionnelle qui la complétait.

Quatre années plus tard,j'eus, au demeurant, la preuve que la création du congé de formation était judicieuse et indispensable. Lors d'un déjeuner débat organisé à Marseille par le CNPF (maintenant le MEDEF), j'avais été placé, sur sa demande auprès d'un diplomate japonais. Entre la poire et le fromage, le diplomate japonais se présenta comme étant le deuxième attaché d'Ambassade du Japon à Paris. Et il se mit à affirmer que c'était moi et nul autre qui avait créé le congé de formation. Je lui ai demandé sur quoi il fondait son assertion. Et il me répondit que l'ensemble des dispositions de cette réforme avait été analysé très précisément dans mon journal en 15 lignes trois semaines semaines avant son examen en Conseil ds ministres. Et que ce résumé était nettement plus juste et concret que le communiqué officel du Conseil des ministres. Il en avait déduit que l'auteur de ce résumé ne pouvait être que l'inventeur du congé de formation. En foi de quoi, il l'avait traduit en japonais et adressé au ministre des affaires étrangères de l'Empire du Soleil Levant. Puis il conclut en précisant que toutes les informations économiques publiées en Europe, et an particulier celles diffusées par mon journal (Le Moniteur de Travaux publics et du Bâtiment) étaient expédiées et centralisées dans un ordinateur à OSAKA et mis à la disposition des entreprises exportatrices japonaises. Ce qui nécessitait des facultés d'adaptation des concepteurs et salariés japonais essentielles à la bonne fin de l'économie japonaise. (Voici donc l'explication de ce que l'on a appelé les entreprises "tournevis" japonaises, entreprises dont les lignes de production sont modélisées de façon à être facilement adaptables, démontables et transportables là où le marché le requiert). "Vous avez inventé le congé de formation en vue d'adapter le savoir et l'expérience des salariés à l'évolution du marché, Monsieur FECAN. Nous, on l'a fait",a-t-il conclu!"(voir encadré intitulé le fol dilemme à propos de l'économie française).

La surveillance étroite dont je faisais l'objet à la fin du règne de Charles de Gaulle se poursuivit en effet sous celui de son successeur G. Pompidou, que j'ai tiré d'affaire quant à l'issue des accords de Grenelle (***). Finalement, bien qu'ayant refusé de me faire enbrigader dans les rangs du parti gaulliste, je fus encouragé par son cabinet à faire connaître le projet de création du congé de formation, qui avait le soutien de l’Elysée avant même d’être porté à la connaissance du Premier ministre dont la feuille d’impôts devait être publiée dans « le Canard enchaîné ». Je communiquais le projet aux Présidents des assemblées parlementaires et de leurs Commissions compétentes. Un projet qui ne doit strictement rien à J. Delors qui m’avait, au demeurant, invité à son domicile pour le lui faire connaître. En définitive, ce projet de loi qui fut adopté en Conseil des ministres, et que j’estimais urgent, fut adopté à l’unanimité par les deux assemblées ainsi que la Réforme de la formation professionnelle qui en formait la suite logique. Hélas, transformé en un simple instrument fiscal, il n'eût pas l'influence sur l'emploi que je lui prétais.


(***) Note de l'auteur:
Pour la petite histoire, l'auteur a appris d'un officier de transmission qui évacuait sa famille de Paris, que l'armée préparait l'entrée des chars dans Paris... sans doute pour reprendre la Sorbonne...
Afin de contrarier une si folle entreprise, je veillais à ce que G. Pompidou garde le contact avec les syndicats présents à la négociation des accords de Grenelle. Le motif de mon entreprise reposait sur une alternative simple. Il fallait choisir soit les accords non signés de Grenelle et pas de char à Paris, soit les chars et plus d'accords de Grenelle. Et pour concrétiser, je délivrais le numéro de téléphone du fil directe de Pompidou (avec son accord...) aux secrétaires généraux des centrales syndicales, sauf celui de la CGT. En revanche, les fédérations CGT du BTP et de l'influent syndicat du livre en bénéficièrent afin d'être convaincues des intentions de G. Pompidou.
Je me souviens que, au terme de ma discussion avec le glorieux représentant du Syndicat du Livre (commandeur dans l'ordre de la légion d'honneur pour faits de résistance notamment lors de la libération de Paris). Ce dernier me posa la question suivante: "J'ai un ami cadre de la SNCF à la gare du Nord. Il m'a dit un jour qu'un fils de la famille FECAN avait sauvé son réseau de renseignement. Est ce que ce ne serait pas vous par hasard?" "Je lui répondis: A votre avis? Il me semble que vous avez la réponse!" Cet échange fait apparaître que les gares du Nord et de l'Est de Paris ont bien été rendues inacessibles aux convois allemands par une action commune et coordonnée des ftp dirigés par Rol Tanguy et les membres du réseau de Gaston Bleuet, ce qui impliquait que l'état-major d'Eisenhower en soit informé, par le biais d'Elizaneth, puisque deux objectifs essentiels du plan Railway étaient atteints, sans le moindre bombardement. Ce n'est que quand il parut clair à Eisenhower et son état-major que les troupes allemandes étaient piègées à Paris qu'il ne restait plus que trois jours de vivre aux troupes de la Wehrmacht stationnées à Paris, qu'Eisenhower a lâché sur Paris la deuxième DB de Leclerc et la 4ème division d'infanterie US commandée par le général Barton. Quand Leclerc a déboulé dans Paris, la garnison allemande démoralisée, dont les officiers supérieurs avaient été liquidés pour avoir donné leur accord à l'attentat contre Hitler, n'avait plus qu'un seul jour de vivres.

Résultat: mon journal fut le seul à publier les accords de Grenelle en pleine grève perlée de la fabrication et de la distribution des journaux sur Paris surface. On ne peut retrouver et consulter ce numéro historique du "Moniteur du TPB" issu de l'histoire secrète du réseau France-Zéro-ZW et l'article que j'ai écrit qu'à la bibliothèque nationale. La rédaction se chargea de distribuer quelque 25.000 exemplaires à ses abonnés de Paris et de la région parisienne. L'approche des vacances, la perspective d'une augmentation des salaires et des élections firent que, bientôt, le quotidien "Libération" put titrer "augmentation du SMIC: les pauvres sont riches!"


De son côté, G. Pompidou devint un fervent partisan de la concertation. Souhaitant que la France suive les pas de la Suède, "avec le soleil en plus."

Jacques Chirac en novembre 1967:
"Plus de deux millions de chômeurs à l’horizon 2000? C’est impossible" !

Après quoi, je fus sollicité par le cabinet de G. POMPIDOU pour interviewer «un jeune loup» sorti tout fringuant de la Cour des Comptes qu’il fallait lancer dans les sphères supérieures de la politique. Je réussis à collecter toutes les statistiques existantes depuis 1958 sur le sujet et à les organiser logiquement sur critères. Je les traitais par projections sur chaque critère en fonction de suites non convergentes, pour parvenir à l’horizon 2000 à l’hypothèse de plus de 2 millions de chômeurs (hypothèse basse, près de 3 millions en hypothèse haute). Telle fut la question que je posais début novembre au jeune secrétaire d’État à l’Emploi Jacques Chirac: "Que faire pour prévenir plus de deux milions de chômeurs à l'horizon 2000?" Seul, G. Pompidou, qui avait reçu le canevas de mes questions à son poulain se préoccupa, vers la fin de son règne à l'Elysée, de cette inquiétante inadaptation de la population salariée française à l'évolution des métiers.

Jacques Chirac a refusé la question posée en affirmant « plus de 2 millions de chômeurs en l’an 2000, c’est impossible ». Il n’a même pas cherché à se faire expliquer comment on pouvait parvenir à une telle conclusion. Et pourtant, les mêmes critères sont toujours valables et le resteront tant qu’ils ne seront pas pris en considération...

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page reformée le 27 janvier 2017.